Couloir vert: Kinshasa presse les opérateurs congolais de profiter d’un fonds de l’UE
La ministre de l'Environnement Marie Nyange Ndambo appelle les hommes d'affaires congolais à investir dans le Couloir vert Kivu-Kinshasa, une aire protégée de 540 000 km² adossée à un fonds européen destiné à sécuriser les investissements.
Couloir vert: Kinshasa presse les opérateurs congolais de profiter d’un fonds de l’UE
AFP
La ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, exhorte les entrepreneurs congolais à ne pas laisser passer le Couloir vert Kivu-Kinshasa. Lors d’un briefing presse tenu le 7 juillet à Kinshasa, elle a présenté ce projet présidentiel d’économie verte comme une occasion à saisir, adossée à un mécanisme financier de l’Union européenne conçu pour réduire le risque des investisseurs.
« C’est ici l’occasion pour moi de lancer un appel aux hommes d’affaires congolais, nous avons une grande opportunité », a-t-elle lancé, expliquant que l’Union européenne mettra en place un fonds « qui va dérisquer les investissements ». Selon elle, ce fonds compensera les investisseurs n’ayant pas atteint leur retour sur investissement, un filet dont les entreprises européennes chercheraient déjà à profiter. « Les opérateurs économiques congolais doivent aller investir dans cet espace pour continuer à garder ce patrimoine naturel, à le posséder et à le dompter pour les biens de la population tout entière », a-t-elle ajouté.
La ministre a décrit une aire protégée communautaire censée relier l’est et l’ouest du pays et servir de socle à une économie « moins de carbone », préservant les forêts et la biodiversité tout en améliorant les conditions de vie des communautés locales et des peuples autochtones. Le couloir doit aussi, selon elle, porter des infrastructures : routes, rails, ports, aéroports, marchés, et une production électrique tirée de cours d’eau dissimulés dans la zone, avec des barrages à la clé.
Marie Nyange Ndambo a situé l’ambition à une échelle inhabituelle. « Le président de la République a voulu que nous créons cette aire protégée qui couvre 540 mille km² comme la dimension de la France. Donc c’est quelque chose d’unique au monde », a-t-elle affirmé, évoquant des échanges menés en Belgique, sous coordination européenne, avec des opérateurs économiques et le Roi. L’appel aux capitaux congolais, lui, se heurtera à une réalité que la ministre n’a pas abordée : l’est du corridor reste, pour partie, une zone d’insécurité.
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