Grand angle De Catalogne au Congo: la rue ne tue pas!

De Catalogne au Congo: la rue ne tue pas!

Se greffer à l'actualité pour faire passe le message. On y va peut-être trop vite en besogne, mais les faits sont là. Pendant que la police espagnole a décidé de prendre ses cours chez Kanyama, on ne manquerait pas de relever les similitudes à une situation quasi-identique et opposée. 

De Catalogne au Congo: la rue ne tue pas!
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 2 OCTOBRE 2017 - 07:06 WAT · 3 min de lecture
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Les Congolais les plus « connectés » ont suivi le « vaillant peuple » Catalan faire face à une police aussi sur les dents qu’énervée. Aux images chocs de blessés, des commentaires aussi récupérateurs et dénués de tout tact et disculpe. Ainsi, la violence policière ne serait pas que « congolaise », au point de féliciter Kanyama. Kinshasa n’est pas en réalité la seule ville à bafouer le droit des manifestants.

La polémique, sans hauteur, monte. Au bout, de l’autre côté des images qui ont fait le tour du monde, on oublie presque l’essentiel: un peuple, malgré tout, DEBOUT. Oui! Alors que les rues de Barcelone et plusieurs villes catalanes manifestaient et tombaient dans le sang, de l’autre côté, à Madrid, comme un symbole, une mobilisation spontanée a lieu. Elle soutient alors les manifestants pour l’indépendance. Elle, Madrid, une ville royale, opposée à toute scission du pays.

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Le symbole est donc là. On le regarde de près, avec ses préceptes. A l’heure où tout un pays, au cœur de l’Afrique, se perd, à la recherche des héros providentiels, on pourrait presque se demander: mais pourquoi donc personne n’ose se lever dans ce Congo? Les raisons, comme à chaque fois que l’on chercherait excuses, sont multiples. Ils sont armés, en face. On ne doit pas appeler à l’insurrection. La démocratie c’est ne pas la rue… d’autres diront, avec raison, qu’il y en a, ceux qui osent se lever.

Barnabé Kikaya, un Conseiller du président Kabila, s’est amusé un jour à compter les manifestants dans les rues de Kinshasa. L’homme, dans ce qui peut être vu comme une maladresse, a logiquement affirmé que pour une ville de plus de 10 millions d’habitants, il n’y avait pas plus de 200 manifestants dans les rues au 19 décembre 2016.  Sans entrer dans la polémique, ayant tous suivi des cours de mathématiques, nous conviendrons que l’échelle est là, posée, avec sa réalité. La mobilisation n’est pas une réalité au Congo. Pour autant, ce pays a connu des audacieux. Des dates, comme celles du 04 janvier, ou encore toute une génération d’étudiants sacrifiée en 1971 par Mobutu, nous rappellent nos faits d’armes.

Certes, certains diront que ceci est un appel à l’insurrection! En réalité, il aurait pu l’être si et seulement si, l’Etat dans lequel nous vivons était légitime. Et pourtant, non. Terminaisons, accords, verbes toute sémantique lui trouvera de noms, mais il restera-là, illégitime: il rassemble à celui de l’Espagne, s’opposant aux libertés individuelles, et empêchant un peuple à disposer de sa liberté, de sa destinée.

« La mobilisation n’est pas la guerre. Dans les circonstances présentes, elle apparaît, au contraire, comme le meilleur moyen d’assurer la paix dans l’honneur », disait l’homme politique français René Viviani. En réalité, le fait est que la rue ne tue pas, aucun gouvernement légitime et populaire ne craint de manifestations. Manifester ne tue pas !

Aux Congolais, à nous tous, il faudra désormais arrêter de pointer du doigt aux dirigeants politiques que l’on pourrait persifler pour leur ralliement futur au pouvoir. Il faut arrêter de chercher le héros providentiel, Tshisekedi n’est plus là. Lumumba non plus. La mobilisation. C’est ce qui manque à ce pays : se mobiliser, revendiquer, se battre, se lever, se mettre debout, dire non. Manifester, agir. Et c’est encore possible.

Litsani Choukran,
Le Fondé.

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B
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