Démission de Constant Mutamba : Franck Mulaja s’insurge contre l’impunité des «jouisseurs»
Franck Mulaja, chantre congolais de musique gospel,
Photo tiers
AFP
La démission du ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, continue de susciter une vague de réactions au sein de l’opinion publique et de la classe politique congolaise. L’une des plus inattendues est celle du chantre de musique gospel, Franck Mulaja, qui est sorti de sa réserve pour dénoncer ce qu’il considère comme une «injustice flagrante».
Sur ses réseaux sociaux, l’ancien compagnon de route du regretté frère Alain Moloto a exprimé son indignation face au contraste entre la situation de Constant Mutamba et celle de l’ex-ministre des Finances, Nicolas Kazadi. Ce dernier, qui avait lui-même reconnu publiquement faire partie des «jouisseurs», demeure libre, tandis que Mutamba, lui, est mis à la disposition de la justice et menacé de poursuites.
« Confusion au sommet de la République. Nicolas Kazadi, qui a avoué faire partie des jouisseurs de la RDC, est libre de ses mouvements, tandis que le ministre Constant Mutamba est sacrifié. Pendant ce temps, le peuple continue à croupir dans la misère la plus atroce avec des dirigeants corrompus. Je suis chrétien et fils du pays », a écrit Franck Mulaja.
La démission de Constant Mutamba est intervenue le mardi 17 juin, quelques heures après que l’Assemblée nationale a autorisé le parquet près la Cour de cassation à engager des poursuites judiciaires contre lui. Elle s’appuie sur l’article 166, alinéa 3 de la Constitution congolaise.
Dans sa lettre adressée au chef de l’État, Mutamba évoque un complot orchestré selon lui par le régime de Kigali pour saboter les réformes qu’il avait engagées au sein de son ministère.
Le désormais ex-ministre est accusé de détournement de 19 millions de dollars américains et de violation des procédures de passation des marchés publics, dans le cadre d’un projet de construction d’une prison à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.
Ce dossier, devenu hautement politique, met en lumière les tensions internes au sein du pouvoir et ravive le débat sur la lutte contre l’impunité, la sélectivité des poursuites judiciaires et la cohérence de l’action gouvernementale en RDC.
O. Fiston