Politique Dialogue en RDC : un cadre du camp Kabila, Patrick Nkanga, y apporte son soutien
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Dialogue en RDC : un cadre du camp Kabila, Patrick Nkanga, y apporte son soutien

Dialogue en RDC : un cadre du camp Kabila, Patrick Nkanga, y apporte son soutien
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 21 JUILLET 2026 - 15:05 WAT · 4 min de lecture

Le soutien à l’initiative de dialogue portée par les Églises vient désormais aussi du camp de Joseph Kabila. Patrick Nkanga Bekonda, cadre du bureau politique du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, le PPRD, a publié un communiqué appelant à une issue négociée à la crise congolaise et appuyant la démarche des prélats catholiques et protestants. « Face à une crise d’une telle ampleur, une solution politique, fondée sur le dialogue, apparaît comme la voie la plus responsable pour préserver l’intérêt supérieur de la Nation ainsi que les vies humaines », écrit-il.

Son texte dresse d’abord un tableau sombre de la situation. La crise, souligne-t-il, frappe les populations « sans distinction ethnique ni tribale », avec des milliers de compatriotes qui « perdent la vie ou sont contraints d’abandonner leurs lieux d’habitation ». Il met en garde contre une évolution qu’il juge inacceptable, celle où « le spectre d’une partition de notre pays tend progressivement à se préciser », une perspective qu’aucun Congolais attaché à l’unité nationale ne saurait accepter. Le statu quo, ajoute-t-il, ne profite ni à la population ni à la nation, et prolonge les souffrances.

C’est dans ce cadre qu’il apporte sa caution aux confessions religieuses. Les prélats catholiques et protestants, rappelle-t-il, bénéficient d’un large consensus au sein de la classe politique et de la société civile, et doivent œuvrer à une solution « à la fois réaliste, faisable et véritablement inclusive ». Il insiste sur la méthode, la démarche « doit être conduite dans la plus grande transparence afin d’inspirer confiance à l’ensemble des parties prenantes et à la population », et estime que les positions des uns et des autres sur un « éventuel dialogue inter congolais sincère et inclusif » doivent être connues de tous. « C’est à cette condition que le dialogue pourrait susciter l’adhésion indispensable à son succès », conclut-il.

Cette prise de position s’inscrit dans une séquence ouverte le 17 juillet, lorsque Félix Tshisekedi a annoncé, à la Cité de l’Union africaine, la tenue d’un dialogue national inclusif, dont il a confié l’accompagnement aux confessions religieuses. Depuis le 18 juillet, la Conférence épiscopale nationale du Congo et l’Église du Christ au Congo consultent la classe politique, à commencer par la Coalition Article 64, et ont annoncé leur intention de rencontrer toutes les parties à la crise.

La portée du geste tient à l’identité de son auteur. Le PPRD, formation de Joseph Kabila, a été suspendu par les autorités en octobre 2025 pour « complicité » présumée avec l’Alliance Fleuve Congo et le M23. L’ancien président a lui-même été condamné à mort par contumace le 30 septembre 2025, l’accusation le présentant comme le chef de cette coalition politico-militaire, des accusations que son camp conteste et qualifie de procès politique. Nkanga, ancien président de la Ligue des jeunes du parti, avait été convoqué par la justice militaire en mars 2025. En appelant au dialogue, il rejoint la ligne officielle de son parti, qui a salué l’initiative tout en se disant vigilant sur ses modalités.

Le camp Kabila n’est pas seul à réagir. La Coalition Article 64, qui réclamait la démission du chef de l’État, a reporté sa marche du 22 juillet après l’appel des Églises, tout en fixant un ultimatum au 15 août pour la convocation effective du dialogue. De son côté, l’Association africaine de défense des droits de l’homme a salué le choix de la négociation, en mettant en garde contre toute tentative du pouvoir de contrôler le processus. Portée par les Églises, l’idée d’un dialogue recueille ainsi des soutiens de tous les bords, y compris de celui que Kinshasa tient pour une partie au conflit. Sa crédibilité se jouera sur la transparence et l’inclusivité que réclament, précisément, ceux qui l’appuient.

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B
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