Politique Discussions Kinshasa-M23/AFC : Fayulu, Kabila et Katumbi soutiennent, Mukwege et Kabund s’y opposent
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Discussions Kinshasa-M23/AFC : Fayulu, Kabila et Katumbi soutiennent, Mukwege et Kabund s’y opposent

Discussions Kinshasa-M23/AFC : Fayulu, Kabila et Katumbi soutiennent, Mukwege et Kabund s’y opposent
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 17 MARS 2025 - 14:09 WAT · 5 min de lecture

Dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo, les négociations directes entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23/AFC prévues pour ce mardi 18 Mars 2025 à Luanda ne fait pas l’unanimité dans la classe politique congolaise.

En effet, si Fayulu, Katumbi, Matata et Kabila soutiennent le dialogue direct entre Kinshasa et les rebelles, Mukwege et Kabund font un autre bloc de l’opposition qui s’oppose à cette initiative. Dans des déclarations séparées, ces deux personnages politiques ont démontré le danger que court la République démocratique du Congo en cas d’une négociation directe avec le Rwanda.

Mukwege pour une conférence internationale avant toute discussion

Dans une déclaration rendue publique ce lundi 17 Mars 2025, le docteur Denis Mukwege a déclaré que face à la dimension internationale qui caractérise le confit armé en cours en République démocratique du Congo avec l’intervention directe du Rwanda, l’Ouganda le Burundi et l’implication des pays de la SADC et de l’EAC, toute tentative de réduire ce conflit à une dissension interne en optant pour les négociations directes du gouvernement congolais avec le M23, constituerait une erreur de diagnostic majeure.

Le prix Nobel de la Paix 2018, propose plutôt l’approche d’une Conférence internationale pour la paix en RDC pour revitaliser l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba et créer une plateforme de haut niveau visant à faciliter un dialogue constructif et à la hauteur des défis actuels, avant toute discussion avec les rebelles. Pour Mukwege, l’absence d’une telle conférence internationale visant à galvaniser une volonté politique forte aux niveaux national, régional et international, pourrait s’apparenter soit à une méconnaissance des dynamiques existantes sur le terrain, soit à une trahison de la patrie.

« Nous appelons à la tenue d’une Conférence internationale pour la paix en RDC, qui aurait pour objectif de revitaliser l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba et de créer une plateforme de haut niveau visant à faciliter un dialogue constructif et à la hauteur des défis actuels. Cette Conférence permettrait d’aboutir à une feuille de route concertée, définissant des actions concrètes aux niveaux national, régional et international. Elle offrirait également l’occasion de mobiliser les moyens nécessaires pour sortir de la crise actuelle et jeter les bases d’un projet de paix durable en RDC, dans le cadre du Pacte social pour la paix promue sous l’égide de la CENCO et de l’ECC », a déclaré Dr dans cette déclaration

Le réparateur des femmes soutient la pression internationale contre le Rwanda dans le cadre du strict respect des prescrits de la résolution 2773 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui exhorte les parties à un « cessez le feu immédiat et inconditionnel » et « demande à la Force de défense rwandaise de cesser de soutenir le M23 et de se retirer immédiatement du territoire de la République démocratique du Congo, sans conditions préalables ».

« Cette résolution est une avancée significative pour la paix en RDC et devrait jouir d’une préséance dans toutes tractations diplomatiques » affirme-t-il, en soulignant que « Dialoguer sous la menace des armes reviendrait à institutionnaliser la loi du plus fort et à conférer une légitimité à l’agression et à l’occupation illégale », a fait savoir Mukwege.

Selon lui, ce n’est qu’après ce cadre international solidifié et les différentes échelles de responsabilités clarifiées à travers un Sommet International de haut niveau, que des négociations directes pourraient alors être envisagées, incluant tous les groupes armés, y compris le M23, la société civile, les partis politiques, et le gouvernement congolais.

« Cette démarche s’inscrirait dans l’esprit des initiatives diplomatiques menées sous l’égide du Président angolais João Lourenço, dont nous saluons les efforts. Toutefois, pour garantir une paix durable, ces négociations devront s’insérer dans le cadre des principes fondamentaux de la charte de l’Union Africaine, garantissant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. Procéder autrement reviendrait à mettre la charrue avant les bœufs, une démarche qui risque d’accélérer et de légitimer la balkanisation de la RDC ou le processus en cours d’annexion des Kivus », cloche, Mukwege.

Kabund contre des discussions directes avec l’AFC-M23

Dans ce même registre, le parti politique Alliance pour le Changement de Jean-Marc Kabund rejette toute option de négociation directe avec l’AFC-M23. Pour ce parti politique, aucune négociation avec le M23 ne peut avoir lieu tant que le Rwanda n’a pas retiré des forces militaires du territoire congolais. Il soutient plutôt un dialogue entre le gouvernement congolais et le Rwanda, dans le cadre du processus de Luanda.

« l’Alliance pour le Changement, rejette catégoriquement toute négociation directe entre le président de la République et le M23 dans sa forme actuelle. Une telle initiative affaiblirait la position diplomatique de la RDC dans le cadre établi de Luanda et Nairobi et reviendrait à cautionner un groupe armé encore sous influence étrangère. Aucune négociation ne peut avoir avec le M23, tant que le Rwanda n’a pas retiré ses forces militaires du territoire congolais », Martelle Kabund et son parti politique.

Pour l’instant, la rébellion a annoncé avoir envoyé ses représentants à Luanda pour ces discussions. Kinshasa a également confirmé sa présence sur la table de négociation malgré toute ambiguïté sur sa position.

Azarias Mokonzi

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