Djugu : cinq localités sans policier, dont Bule et ses 50 000 déplacés
La société civile de Djugu a nommé le 11 septembre 2026 les localités du territoire où aucun agent de la Police nationale congolaise n’est déployé. Le territoire compte plus de soixante sites de déplacés.
Djugu : cinq localités sans policier, dont Bule et ses 50 000 déplacés
AFP
Dans le territoire de Djugu, en Ituri, plusieurs localités ne comptent aucun policier. La société civile locale l’a établi le 11 septembre 2026 en dressant la liste : Tse, Logo Takpa, Joo et Kparnganza sont sans agent de la Police nationale congolaise. Ces villages se trouvent dans un territoire qui héberge plus de soixante sites de déplacés.
Bule accueille plus de 50 000 déplacés sans présence policière permanente
La localité de Bule figure sur la même liste. Elle abrite pourtant plus de 50 000 personnes déplacées, selon le décompte avancé par la société civile du territoire. Djugu concentre à lui seul plus de soixante sites de déplacés, hérités de plus de sept années d’affrontements armés dans la province.
« Il y a des endroits où la police n’existe pas et ailleurs, les policiers manquent de moyens. Comment peuvent-ils protéger les habitants ? », a déclaré Charité Banza, membre de la société civile de Djugu, sur Radio Okapi le 12 septembre 2026.
Le constat ne s’arrête pas à Djugu. Les mêmes carences sont signalées dans les territoires de Mambasa et d’Irumu, les deux autres entités de l’Ituri où se concentrent les attaques attribuées aux groupes armés.
L’alerte tombe cinq jours après la Journée internationale de la coopération policière
La dénonciation a été formulée à l’occasion de la Journée internationale de la coopération policière, célébrée le 7 septembre. La date est habituellement consacrée aux partenariats entre services et aux bilans de formation.
Du côté de la police, la priorité affichée porte sur les personnes vulnérables. « En Ituri, la personne vulnérable, c’est cette femme victime de violences, cet enfant enrôlé de force, ce déplacé qui a tout perdu. Notre premier devoir, c’est de les protéger », a affirmé le commissaire divisionnaire Ngoy Sengelwa, cité par Radio Okapi le 12 septembre 2026.
Les deux déclarations décrivent la même population et deux réalités différentes : celle d’une mission de protection assignée, et celle de villages où aucun agent n’est déployé pour l’exercer.
Le territoire est le même où quatre humanitaires ont été tués en convoi
Djugu est le territoire où les corps de quatre agents humanitaires de la coopérative COPEC Le Palmier-Beni ont été exhumés le 23 août 2026 à Iga Barrière. Ces agents avaient disparu le 19 juillet 2025 sur l’axe Fataki-Iga Barrière, alors qu’ils convoyaient plus de 1,5 million de dollars destinés à l’assistance aux déplacés entre Mahagi et Nyakunde.
C’est également dans ce territoire que se trouve le site de la Plaine de Savo, le plus grand site de déplacés de l’Ituri, où trois cas d’Ebola ont été confirmés le 13 septembre 2026 au sein d’une population de plus de 70 000 personnes.
Les effectifs déployés ne sont pas rendus publics
Le nombre d’agents de la Police nationale congolaise affectés au territoire de Djugu n’est pas publié. La police provinciale de l’Ituri ne diffuse pas d’état des effectifs par entité, et aucun tableau de déploiement n’est rendu accessible pour les territoires de Mambasa, d’Irumu et de Djugu.
En Ituri, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme documente chaque mois des violations attribuées aux groupes armés et aux forces de sécurité. Pour le seul mois de juin 2026, le bureau a recensé 657 violations des droits humains sur l’ensemble du pays, en hausse de 33 % par rapport au mois précédent.
Masisi : seize villages vidés de leurs habitants en quatre semaines
RDC : « Tous ceux qui tuent devront rendre compte devant la justice internationale », prévient l’ONU