Ituri : les élus exigent un dispositif de protection des civils à Djugu et Mambasa
Le caucus des parlementaires de l’Ituri, le 2 octobre à Kinshasa, et l’Assemblée provinciale, le 3 octobre à Bunia, exigent la cessation des hostilités entre CODECO et CRP et un dispositif de protection des civils. Plus de 3 100 civils sont réfugiés auprès de la MONUSCO.
Vue d'ensemble d'un site de déplacés de guerre dans la partie Est de la RDC..
AFP
Le caucus des députés nationaux et des sénateurs de l’Ituri, réuni à Kinshasa le vendredi 2 octobre, et le président de l’Assemblée provinciale, à Bunia le samedi 3 octobre, demandent à l’État de renforcer la protection des civils dans les territoires de Djugu et de Mambasa, où les violences armées ont repris.
« Nous condamnons avec la plus grande fermeté la reprise des hostilités entre les groupes armés CODECO et CRP, les attaques du groupe armé CRP contre les positions des FARDC, les attaques des groupes armés CODECO et CRP contre les sites de déplacés ainsi que contre les populations civiles. Nous exigeons la cessation immédiate des hostilités », a déclaré le député national Bungishabaku Katho, lisant la déclaration du caucus.
Les élus demandent un équilibre entre opérations militaires et protection
À Bunia, le président de l’Assemblée provinciale de l’Ituri, Sammy Djakwonga, a pris soin de situer la démarche : « Notre démarche ne vise donc ni à contester le devoir de l’État de restaurer son autorité, ni à entraver les opérations légitimes de sécurisation. Elle appelle plutôt à rechercher constamment l’équilibre indispensable entre les impératifs de sécurité et les obligations de protection ».
Les élus réclament le renforcement des dispositifs sécuritaires, le renforcement des capacités opérationnelles des FARDC, l’intensification des opérations conjointes avec l’armée ougandaise, la relance des efforts de paix et l’appui aux initiatives de réconciliation entre les communautés hema et lendu. Deux foyers sont visés : le territoire de Djugu, où la CODECO affronte la Convention pour la révolution populaire, et celui de Mambasa, où les Forces démocratiques alliées intensifient leurs attaques contre les civils.
Plus de 3 100 civils aux abords de deux bases de la MONUSCO
La Mission des Nations unies a documenté l’ampleur du déplacement le 28 septembre. Plus de 3 100 civils, dont environ 1 600 femmes et 900 enfants, se sont réfugiés auprès de sa base temporaire de Rhoo, à quatre kilomètres de Blukwa, tenue par des casques bleus bangladais, et de celle de Gina, à trente kilomètres de Bunia, tenue par des Népalais. Neuf personnes y ont reçu les premiers soins : deux hommes blessés par balle, deux fillettes, un nourrisson de dix mois et quatre femmes. BETO avait rendu compte de cet afflux.
« Nous voulons sauver nos vies, c’est pourquoi nous sommes venus à la MONUSCO pour être protégés », a déclaré à la Mission Vyanye Dirokpa, déplacé sur le site de Rhoo. Les élus parlent de leur côté de plus de 5 000 civils réfugiés aux abords des bases onusiennes lors des derniers combats.
1 537 violations des droits humains depuis juin, 88 % dans l’est
Le cadre national est documenté. Devant le Conseil de sécurité, le 29 septembre, le Représentant spécial du Secrétaire général pour la RDC James Swan a fait état de 1 537 violations des droits humains documentées depuis juin 2026, dont 88 % dans l’est du pays, de 382 victimes de violences sexuelles liées au conflit, de 6,1 millions de déplacés internes et de 26,5 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë. « J’encourage l’ensemble des acteurs congolais à s’engager de bonne foi dans la recherche d’un consensus et à privilégier le dialogue pour surmonter leurs divergences », a-t-il déclaré. BETO a détaillé cet exposé.
L’Ituri cumule les déficits de couverture. Cinq localités du territoire de Djugu, dont Bule et ses 50 000 déplacés, sont dépourvues de policier. L’accalmie observée en septembre avait permis la réouverture des marchés de Walendu Djatsi, dans le même territoire.
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