Droits des femmes : Judith Suminwa plaide pour des sanctions contre les auteurs de violences sexuelles dans l’Est de la RDC
Droits des femmes : Judith Suminwa plaide pour des sanctions contre les auteurs de violences sexuelles dans l’Est de la RDC
AFP
En séjour à New York dans le cadre des activités du mois des droits des femmes, la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a intensifié son plaidoyer en faveur des victimes de violences sexuelles perpétrées dans l’Est du pays.
Mardi 11 mars 2026, la Cheffe du Gouvernement congolais a rencontré Pramila Patten, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit. Au cœur des échanges : la recrudescence des violences basées sur le genre dans les zones affectées par l’insécurité, notamment dans les provinces orientales de la RDC.
Des violences persistantes dans un contexte de crise sécuritaire
Devant son interlocutrice onusienne, Judith Suminwa a dénoncé des violences qui, selon elle, se poursuivent depuis plusieurs décennies et se sont aggravées avec l’occupation illégale de certaines localités par le Rwanda et ses supplétifs du M23/AFC.
Les deux personnalités ont reconnu des avancées dans l’amélioration de la condition des femmes et des filles en RDC, tout en soulignant les défis persistants, particulièrement dans l’Est où le nombre de victimes de violences sexuelles demeure préoccupant en raison de la crise sécuritaire.
La Première ministre a insisté sur la nécessité d’une mobilisation internationale plus cohérente et plus ferme. « Il est tout à fait inadmissible que nous puissions accepter (…) que des pays qui commettent ces violences faites à la femme occupent des positions de décision dans certains organes des Nations Unies », a-t-elle déclaré à la presse.
Elle a ainsi appelé à l’application effective de sanctions contre les États et groupes armés responsables de ces exactions, estimant que la justice internationale doit pleinement jouer son rôle.
Justice et réparation : le rôle du FONAREV
Judith Suminwa a mis en avant les initiatives engagées au niveau national, notamment à travers le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV). Ce mécanisme vise à accompagner les victimes dans un processus de réparation et de reconstruction.
Dans le deuxième pilier de son Programme d’actions, le Gouvernement Suminwa accorde une place importante à la justice transitionnelle, incluant les poursuites judiciaires contre les auteurs des crimes les plus graves.
Parité et réformes sous Félix Tshisekedi
La Cheffe de l’Exécutif a également rappelé les avancées enregistrées sous l’impulsion du Président Félix Tshisekedi. Elle a évoqué l’application progressive de l’article 14 de la Constitution sur la parité ainsi que la réforme du Code de la famille, qui ne subordonne plus le travail de la femme à l’autorisation maritale.
Sur le plan de la représentation politique, elle a souligné l’augmentation du taux de femmes au sein du Gouvernement, passé de 21 % en 2021 à 32 % aujourd’hui. « C’est une victoire », a-t-elle affirmé, tout en rappelant que la parité demeure un processus en construction.
Diplomatie et Conseil de sécurité
En marge de ses activités, la Première ministre a pris part à un déjeuner offert par le Président des Philippines, Ferdinand Marcos Jr.. Les discussions ont notamment porté sur la candidature prochaine des Philippines comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, pour laquelle Manille sollicite le soutien de la RDC.
Gilbert N.