Ebola en RDC : à Djugu, neuf postes de santé sur douze ont fermé leurs portes
Dans l'aire de santé Héritage à Djugu (Ituri), neuf des douze postes de santé ont fermé, submergés par l'épidémie d'Ebola, alertent des chefs coutumiers.
Ebola en RDC : à Djugu, neuf postes de santé sur douze ont fermé leurs portes
AFP
Alors que le bilan officiel de l’épidémie d’Ebola atteint 2 344 cas et 930 décès au 18 juillet et que l’Ituri compte désormais 27 de ses 36 zones de santé touchées, une partie du territoire de Djugu bascule hors du système de soins. Dans l’aire de santé Héritage, au sein du groupement de Limani, neuf des douze postes de santé ont fermé leurs portes, submergés par l’afflux quotidien de patients, ont alerté le 15 juillet des chefs coutumiers.
Sur le terrain, la vitesse de propagation du virus devance les capacités de la riposte. Les malades affluent dans les rares structures encore ouvertes, tandis que de nombreuses familles se retrouvent sans accès aux soins de base. Le chef de secteur des Walendu Djatsi, Justin Gudza Kiza, décrit une crise d’une ampleur inédite : « La situation est grave et a déjà occasionné la mort de plus d’une centaine de personnes. » Ce bilan local, provisoire, n’a pas été confirmé par les autorités sanitaires ; les chiffres qui circulent dans ces zones enclavées doivent être maniés avec prudence.
Aux difficultés d’accès s’ajoute un obstacle plus sourd. Dans les secteurs de Djatsi et Pitsi, une partie de la population continue de rejeter les mesures de prévention, selon les chefs traditionnels, un déni qui nourrit les chaînes de contamination. Le même ressort a été observé plus au nord, dans le Haut-Uélé, où les autorités attribuent l’extension de l’épidémie à la mobilité des populations et au refus des gestes barrières.
Diagnostic rapide, portes closes
À Kinshasa, le gouvernement met en avant une riposte renforcée. Devant l’Assemblée nationale, le 16 juillet, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, assurait que « tous les cas sont aujourd’hui testés et le diagnostic est donné souvent dans les 24 heures par l’INRB ». Ce dépistage rapide suppose toutefois une structure pour accueillir le malade. À Limani, la fermeture de neuf postes sur douze prive la zone de ce premier maillon : sans point de santé fonctionnel, le dépistage comme la prise en charge deviennent difficiles à assurer.
Les autorités coutumières réclament un déploiement d’urgence des équipes de riposte et l’acheminement d’intrants, faute de quoi elles redoutent une propagation incontrôlée. L’Ituri, épicentre de l’épidémie, rassemble à lui seul près de neuf cas sur dix. La souche en cause, Bundibugyo, ne dispose d’aucun vaccin homologué ni traitement spécifique : la seule digue reste le dépistage précoce, l’isolement et les soins de soutien, précisément ce que la fermeture des postes de Limani rend impossible.
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