Santé Ebola entre dans un site de 76 000 déplacés à Djugu
Santé

Ebola entre dans un site de 76 000 déplacés à Djugu

Médecins sans frontières annonce trois cas confirmés d’Ebola dans le site de Plaine Savo, en territoire de Djugu, qui abrite près de 76 000 déplacés aux abris « souvent très rapprochés ». Trente-six cas y ont déjà été transférés vers l’unité de Fataki.

Vue du site de déplacés de Kigonze, à Bunia, en Ituri

Le site de déplacés de Kigonze, à Bunia (Ituri). Image d'archives.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 11 SEPTEMBRE 2026 - 06:20 WAT · 3 min de lecture

Trois cas d’Ebola ont été confirmés dans le site de déplacés de Plaine Savo, en territoire de Djugu, en Ituri, qui abrite près de 76 000 personnes. Médecins sans frontières l’annonce dans un communiqué rendu public le 10 septembre 2026.

Les abris y sont, selon l’organisation, « souvent très rapprochés ».

Trois cas détectés, tous transférés à Fataki

« Trois cas confirmés d’Ebola ont déjà été détectés dans le site. Tous les patients ont été référés précocement vers l’hôpital général de référence de Fataki, où ils ont été diagnostiqués et pris en charge grâce à la mobilisation de la communauté », écrit Médecins sans frontières dans ce communiqué du 10 septembre 2026.

Le transfert précoce est le point sur lequel la riposte échoue ailleurs. Le rapport de situation numéro 117 de l’Institut national de santé publique établit que, sur 408 cas suspects validés le 8 septembre et tous investigués, 229 seulement ont été transférés vers un centre de traitement.

Une unité de 24 lits, bientôt 32

« Une unité de traitement Ebola de 24 lits a récemment été mise en place par MSF à l’hôpital général de référence de Fataki. Sa capacité devrait prochainement passer à 32 lits », poursuit le communiqué.

Trente-six cas confirmés y ont été transférés et admis au cours des derniers mois. La zone de santé de Fataki cumule 78 cas et 30 décès, soit une létalité de 38,5 %, selon le rapport du 9 septembre.

Dans la même province, quinze anneaux de prévention et de contrôle de l’infection sur cinquante-neuf attendus étaient ouverts au 8 septembre, soit 25,4 %.

« Nous avons très peur »

Le personnel de santé du site dit sa crainte. « Nous avons très peur. Certains d’entre nous ont des membres de leurs familles qui sont morts à Mongbwalu et Bunia », déclare Alphonsine, infirmière superviseure au poste de santé de Plaine Savo, citée dans le communiqué de Médecins sans frontières du 10 septembre 2026.

Les deux zones qu’elle nomme figurent parmi les plus touchées de l’Ituri. Bunia totalise 1 523 cas et 476 décès, Mongbwalu 640 cas et 293 décès, pour une létalité de 45,8 %.

Une épidémie qui entre dans un camp

L’Ituri concentre 5 461 des 6 843 cas confirmés du pays, soit 79,8 %, et 28 de ses 36 zones de santé sont touchées. La province compte par ailleurs 129 écoles fermées et des dizaines de sites de déplacés.

Un site de 76 000 personnes aux abris jointifs présente les conditions inverses de celles que la riposte cherche à établir : distance, isolement des cas et suivi individuel des contacts. Le suivi des contacts se situait à 90,1 % en Ituri au 8 septembre, le meilleur taux du pays, mais sur une base de 12 446 personnes à suivre pour la seule province.

Ce qui reste à établir

  • Le nombre de contacts identifiés dans le site de Plaine Savo n’est pas communiqué.
  • Aucune donnée de vaccination n’est publiée pour ce site.
  • La coordination provinciale de la riposte n’a pas réagi publiquement.
  • La date de passage de l’unité de Fataki à 32 lits n’est pas fixée.
  • Le nombre de sites de déplacés touchés par l’épidémie en Ituri n’est pas publié.
Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…