Ebola en RDC : 3 262 cas et 1 437 décès confirmés au 26 juillet, les cliniques privées de Nia-Nia passent au service minimum
Le rapport de situation n°073 de l’INSP, publié le 27 juillet, arrête le cumul au 26 juillet à 3 262 cas confirmés et 1 437 décès, pour une létalité officielle de 44,1 %. En Ituri, 123 agents de première ligne ont été infectés et 37 sont morts ; à Nia-Nia, les structures privées ont réduit leurs prestations.
Ebola en RDC : 3 262 cas et 1 437 décès confirmés au 26 juillet, les cliniques privées de Nia-Nia passent au service minimum
AFP
L’épidémie de maladie à virus Ebola totalise 3 262 cas confirmés et 1 437 décès parmi ces cas confirmés au 26 juillet, selon le rapport de situation n°073 du Centre d’opérations d’urgence de santé publique, publié le 27 juillet par l’Institut national de santé publique. La létalité officielle s’établit à 44,1 %, calculée sur les seuls cas confirmés, dans la fourchette de 30 à 50 % documentée pour la souche Bundibugyo. En vingt-quatre heures, le bulletin enregistre 62 nouvelles confirmations, 32 décès et 12 guérisons. Le cumul des guéris atteint 583. Aucune nouvelle zone de santé n’est entrée en transmission : le total reste à 48 zones sur 140, réparties dans cinq provinces.
L’Ituri concentre 2 901 cas et 1 207 décès, soit 88,9 % des contaminations et 84 % des décès confirmés, pour une létalité provinciale de 41,6 %. Bunia (773 cas), Rwampara (568), Mongbwalu (506) et Nizi (357) rassemblent l’essentiel de la charge. Sur les 23 décès notifiés dans la province en une journée, 60,9 % sont survenus dans la communauté, hors structure de soins. Le Nord-Kivu compte 314 cas et 204 décès après une harmonisation qui retranche deux décès, le Haut-Uélé 38 cas, la Tshopo 5 et le Sud-Kivu 3, où Miti-Murhesa totalise 61 jours sans nouveau cas confirmé.
Le suivi des contacts reste en deçà de la cible : 12 122 personnes vues sur 15 498 recensées, soit 78,2 %, pour un seuil opérationnel fixé à 95 %. Les centres de traitement affichent une occupation globale de 76,8 %, mais le Nord-Kivu fonctionne à 136,2 % de ses capacités, avec 192 malades pour 141 lits.
Les soignants paient un lourd tribut
Le même rapport recense 123 agents de première ligne infectés en Ituri, dont 37 sont morts, soit une létalité de 30,1 % dans cette catégorie. Onze autres cas sont confirmés au Nord-Kivu, dont trois décès. Réunies en assemblée générale extraordinaire le 25 juillet, les structures privées de la zone de santé de Nia-Nia ont décidé de suspendre les consultations nocturnes et de transférer systématiquement les cas graves vers l’hôpital général de référence.
« Les personnels soignants n’ont pas d’équipements de protection individuelle. C’est la raison pour laquelle plusieurs d’entre eux sont en train de mourir, d’autres sont contaminés », a déclaré le docteur Willy Ngeleza, membre de l’Association des structures de santé du secteur privé, cité par Radio Okapi. « Nous devons être dans des conditions appropriées de protection. » Le bulletin de l’INSP dénombre dix agents infectés dans cette seule zone, dont sept encore hospitalisés, aucun décès n’y étant recensé.
La coordination de la riposte a désapprouvé la mesure. « Ce n’est pas parce que nous sommes en période d’épidémie qu’on doit arrêter de soigner la population, parce que tout le monde ne souffre pas d’Ebola », a répondu au même micro son coordonnateur terrain, le docteur Elie Mutombo. « Pendant l’épidémie, les services de santé de routine continuent. » L’association réclame un approvisionnement rapide en équipements de protection.
Déclarée le 15 mai, la 17e épidémie congolaise est due au virus Bundibugyo, contre lequel aucun vaccin ni traitement spécifique n’est homologué à ce jour. Des essais cliniques de nouvelles molécules se poursuivent dans les centres de prise en charge de l’Ituri. Le rapport officiel cite d’autres obstacles : la réticence aux prélèvements post-mortem et l’insécurité visant les équipes d’enterrements dignes et sécurisés, une grève de prestataires non payés à Bunia et Rwampara dont la reprise a été annoncée après l’intervention du gouverneur militaire, l’insuffisance des capacités d’accueil et un suivi des contacts qui reste sous le seuil fixé.
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