Bunia : 1 100 élèves à l’école Saint-Luc, deux bidons d’eau par jour
Sur le site des déplacés de Kigonze, où des cas d’Ebola sont signalés, l’école Saint-Luc scolarise 1 100 élèves pour trois fois moins de places, avec deux bidons d’eau par jour, sans thermoflash ni gel hydroalcoolique.
Le site de déplacés de Kigonze, à Bunia (Ituri). Image d'archives.
AFP
L’école Saint-Luc, sur le site des déplacés de Kigonze à Bunia, reçoit deux bidons d’eau par jour. Elle scolarise 1 100 élèves, soit plus de trois fois sa capacité d’accueil. Des cas suspects et des cas confirmés d’Ebola sont signalés sur ce même site.
Les trois faits tiennent ensemble. Deux bidons pour 1 100 enfants rendent impossible le lavage régulier des mains, qui est la première barrière contre le virus. L’établissement n’a ni thermoflash ni gel hydroalcoolique.
Cent élèves par classe, quatre par banc
Le tableau relevé sur place ajoute la densité au manque d’eau. Dans certaines classes, près d’une centaine d’élèves suivent les cours. Les bancs accueillent jusqu’à quatre enfants.
Ces deux chiffres, cent par classe et quatre par banc, décrivent une promiscuité qui est précisément ce que les protocoles de prévention cherchent à réduire dans les zones où circule le virus. La direction de l’école appelle « le gouvernement et les partenaires humanitaires à intervenir pour renforcer les dispositifs de prévention et améliorer les conditions d’apprentissage ».
La situation n’est pas isolée. Des difficultés comparables affectent d’autres établissements accueillant des enfants déplacés à la périphérie de Bunia et dans plusieurs territoires de l’Ituri.
Ce que la loi promet à ces enfants
La rentrée 2026-2027 a eu lieu le 1er septembre. Nous avions établi, une semaine avant, ce que la loi-cadre de l’enseignement promet déjà aux enfants déplacés : la gratuité de l’enseignement primaire et des kits scolaires. Le dispositif spécial de préparation de la rentrée, décidé au conseil des ministres du 14 août, prévoyait explicitement la prise en charge des enfants déplacés ou privés d’accès régulier à l’école, ainsi que le renforcement de la prévention sanitaire en milieu scolaire dans les provinces exposées à Ebola. Aucun montant n’a été rendu public pour ce dispositif.
Le ministère de l’Éducation nationale avait par ailleurs annoncé une rentrée différenciée dans dix-huit entités à haut risque. La liste de ces entités n’a jamais été publiée, si bien qu’on ignore si les sites de déplacés de Bunia en font partie.
Un système de santé déjà sous tension
L’Ituri est l’épicentre de la dix-septième épidémie. Le bulletin épidémiologique national donnait 6 100 cas confirmés et 2 950 décès au 30 août, dans cinquante-six zones de santé et six provinces. La province concentre l’essentiel des nouveaux cas confirmés quotidiens.
Ce sont les enfants qui paient le tribut le plus lourd. Nous avons établi en août que plus de trois cents enfants sont morts en Ituri depuis le début de l’épidémie, dans des services de santé qui se vident de leur personnel.
Le site de Kigonze est l’un des plus anciens et des plus peuplés de la périphérie de Bunia. Il accueille des familles déplacées par les violences du territoire de Djugu et des zones voisines. L’école Saint-Luc y est, pour 1 100 enfants, le seul lieu de scolarisation.
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