Ebola en RDC : un déficit de 20 millions de dollars freine la riposte à la 17e épidémie
Le rapport de situation du COUSP (7 juillet) chiffre à 20 millions de dollars le déficit de financement de la riposte à la 17e épidémie d'Ebola : 1 759 cas, 600 décès, des CTE saturés à 137 % au Nord-Kivu.
A man is carried from an ambulance as he arrives at Bunia General Referral Hospital following confirmation of an Ebola outbreak involving the Bundibugyo strain in Bunia, Ituri province, Democratic Republic of Congo, May 16, 2026. Picture taken with a mobile phone. REUTERS/Victoire Mukenge TPX IMAGES OF THE DAY
AFP
Un manque d’argent menace la lutte contre Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo. Le rapport de situation n°054 du Centre d’opérations d’urgence de santé publique (COUSP), daté du 7 juillet, chiffre à 20 millions de dollars le déficit de financement de la riposte à la 17e épidémie de maladie à virus Ebola, qui frappe l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
L’épidémie continue de progresser. Le document fait état d’un cumul de 1 759 cas confirmés et de 600 décès, soit un taux de létalité global de 34,1 %, répartis sur 37 zones de santé. Au cours des dernières 24 heures couvertes par le rapport, 51 nouveaux cas confirmés et 20 décès, dont 55 % survenus dans la communauté, ont été enregistrés, principalement en Ituri. Deux cas ont par ailleurs été confirmés à Kisangani, dans la Tshopo, encore en cours de validation et non intégrés au bilan.
Le déficit financier se traduit concrètement sur le terrain. Le rapport pointe une « insuffisance des ressources financières » dont l’impact est la « limitation de la mise en œuvre de tous les piliers de la riposte ». Concrètement, cela signifie une insuffisance d’approvisionnement en médicaments essentiels et en intrants médicaux, un manque d’ambulances et de structures d’isolement, avec un besoin identifié de 20 centres supplémentaires.
La tension est particulièrement vive au Nord-Kivu, où les centres de traitement débordent : le taux d’occupation y atteint 137 %, au risque d’aggraver les transmissions à l’hôpital. Le personnel soignant paie déjà un lourd tribut, avec 112 agents de santé infectés, dont 35 décès. Le suivi des contacts, à 80 %, reste en deçà de la cible de 95 %, et un retard d’analyse des échantillons au laboratoire du Nord-Kivu allonge les délais de diagnostic.
Ce déficit persiste malgré des engagements récents. Fin mai, le gouvernement congolais avait débloqué 20 millions de dollars pour la riposte, et début juillet, la Banque mondiale a annoncé une enveloppe de 73 millions et le Royaume-Uni un appui de 26 millions. Le rapport n’en appelle pas moins à une « mobilisation urgente des ressources » et à un plaidoyer renforcé auprès des partenaires techniques et financiers.
À ces contraintes financières s’ajoutent l’insécurité, liée aux groupes armés CODECO et ADF, qui limite l’accès à certaines zones à haut risque, et la forte mobilité des populations, qui fait courir un risque d’expansion géographique rapide. La riposte, déjà éprouvée, reste suspendue à l’arrivée des moyens que le rapport réclame sans détour.
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