Ebola : « La RD Congo a frôlé la catastrophe »(Jean-Jacques Muyembe)
Le professeur Jean-Jacques Muyembe s’est rendu le lundi 14 septembre 2026 sur le site de déplacés de Kigonze, à Bunia, pour féliciter les équipes engagées contre Ebola. La veille, un décès communautaire y avait été annoncé.
Ebola : « La RD Congo a frôlé la catastrophe »(Jean-Jacques Muyembe)
AFP
« La RD Congo a frôlé la catastrophe. » Le professeur Jean-Jacques Muyembe, virologue congolais et directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale, a employé cette formule le lundi 14 septembre 2026, sur le site de déplacés de Kigonze, à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, devant l’équipe engagée dans la riposte contre la maladie à virus Ebola.
« On allait être vraiment isolé, même effacé de la carte du monde »
« La RD Congo a frôlé la catastrophe. On allait être vraiment isolé, même effacé de la carte du monde à cause de cette maladie. Donc maintenant, vous avez eu le courage de maîtriser cette épidémie et la population commence à comprendre, c’est là le point le plus important », a déclaré le professeur Muyembe aux équipes de riposte, selon l’Agence congolaise de presse, qui a diffusé ses propos sur X.
La visite s’est déroulée sur le site de Kigonze, l’un des plus anciens sites de déplacés de Bunia.
Le professeur lie la sortie de crise à la confiance de la population
« Méritez cette confiance de la population, recevez le malade de façon vraiment fraternelle, que le malade se sente chez lui et dans les bonnes mains. Merci beaucoup et félicitations », a ajouté le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale, sur le même support.
La question de l’accueil des malades est suivie par les autorités sanitaires. L’Institut national de santé publique publie un bulletin infodémique qui recense les réactions du public sur la riposte, semaine par semaine. Celui du 24 au 30 août 2026 relève que neuf réactions médias sur treize portant sur la vaccination demandent de prioriser l’Ituri.
Un décès communautaire a été annoncé à Kigonze la veille de la visite
Le 13 septembre 2026, un décès communautaire a été annoncé sur ce même site de Kigonze : celui d’un élève de première année primaire, âgé de six ans, à l’école Saint-Luc. Dix contacts ont été pré-listés.
« C’est le premier cas enregistré à l’école Saint-Luc depuis la rentrée scolaire 2026-2027 », indiquait Olive Kapara, point focal du pilier Communication des risques et engagement communautaire, à l’Agence congolaise de presse le 13 septembre 2026.
L’Ituri concentre plus de huit cas confirmés sur dix
La province où le professeur Muyembe s’est rendu concentre 80,6 % des cas confirmés de l’épidémie à l’échelle nationale, selon le rapport de situation numéro 114 arrêté au 5 septembre 2026.
Le bilan de l’Organisation mondiale de la santé arrêté au 7 septembre 2026 s’établit à 6 757 cas et 3 267 décès en République démocratique du Congo, pour une létalité de 48,3 %. Soixante-et-une zones de santé sont touchées dans six provinces, et une septième, le Sud-Ubangi, a confirmé son premier cas le 10 septembre.
Trois jours plus tôt, la riposte annonçait le pic dépassé
Le 11 septembre 2026, l’équipe de riposte réunie à Kinshasa avait estimé que l’épidémie avait passé son pic et que la courbe était en phase descendante, situant le sommet de la transmission à la troisième semaine d’août.
L’épidémie est due à la souche Bundibugyo du virus Ebola, contre laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’est homologué. Deux jours après cette annonce, trois cas étaient confirmés sur le site de déplacés de la Plaine de Savo, à Djugu, qui héberge plus de 70 000 personnes.