Santé Ebola déménage vers le Nord-Kivu, où sept foyers de malades sur dix ne sont pas désinfectés
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Ebola déménage vers le Nord-Kivu, où sept foyers de malades sur dix ne sont pas désinfectés

L’Ituri notifie 18,3 % de cas en moins, le Nord-Kivu 47,4 % de plus. Dans la province qui accélère, six ménages ont été décontaminés sur vingt et un.

Ebola déménage vers le Nord-Kivu, où sept foyers de malades sur dix ne sont pas désinfectés
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 SEPTEMBRE 2026 - 10:45 WAT · 4 min de lecture

L’épidémie d’Ebola ne recule pas en République démocratique du Congo. Elle change de province. Sur les vingt et un derniers jours, l’Ituri a notifié 18,3 % de cas en moins et le Nord-Kivu 47,4 % de plus.

Dans cette même province qui accélère, sept foyers de malades sur dix ne sont jamais désinfectés.

Une baisse nationale de 5,3 % qui cache un déplacement

Le rapport hebdomadaire externe de l’Organisation mondiale de la santé, arrêté au 6 septembre 2026 et publié le 8 septembre, compare deux périodes de vingt et un jours.

Du 17 août au 6 septembre, le pays a notifié 1 665 cas confirmés, contre 1 759 sur les vingt et un jours précédents, soit une baisse de 5,3 %.

  • Ituri : de 1 356 à 1 108 cas, soit une baisse de 18,3 %.
  • Nord-Kivu : de 293 à 432 cas, soit une hausse de 47,4 %.
  • Haut-Uélé : de 100 à 114 cas, soit une hausse de 14,0 %.

La part de l’Ituri dans les nouveaux cas tombe de 77,1 % à 66,5 %. Celle du Nord-Kivu monte de 16,7 % à 25,9 %.

La baisse nationale modeste masque une redistribution continue de la transmission depuis l’Ituri, en particulier vers le Nord-Kivu, où l’incidence continue d’augmenter, écrit l’Organisation mondiale de la santé dans son rapport.

Katwa, Beni, Butembo

Le rapport nomme les trois zones qui portent la poussée du Nord-Kivu : Katwa, Beni et Butembo, foyers déjà établis où il constate une forte résurgence, auxquels s’ajoute une activité récente ou renouvelée dans d’autres zones de santé.

Ces trajectoires divergentes à l’intérieur des provinces indiquent, écrit-il, que la transmission se déplace géographiquement plutôt qu’elle ne décline uniformément.

Le Nord-Kivu a franchi la barre des mille cas cumulés et atteint son incidence la plus élevée depuis le début de l’épidémie. Ses décès augmentent de 12,9 % quand ils baissent de 9,9 % au niveau national.

Kayna devient la soixante et unième zone de santé touchée. Cinquante-deux des soixante et une zones, soit 85,2 %, ont notifié au moins un cas dans les vingt et un derniers jours.

Vingt-neuf pour cent de foyers désinfectés au Nord-Kivu

La mesure la plus élémentaire de la riposte est la décontamination du domicile de chaque cas confirmé. Elle s’effondre dans la province qui accélère.

  • Haut-Uélé : 16 ménages décontaminés sur 16, soit 100 %.
  • Ituri : 50 sur 55, soit 91 %.
  • Nord-Kivu : 6 sur 21, soit 29 %.

Les anneaux de prévention et contrôle des infections, qui organisent ces interventions autour de chaque cas, suivent la même courbe : 3 activés sur 3 attendus au Haut-Uélé, 18 sur 60 en Ituri, 10 sur 30 au Nord-Kivu.

La mise en œuvre de ces anneaux, qui comprennent l’évaluation et la décontamination des ménages et des formations sanitaires touchés, « remained uneven », reste inégale, écrit l’Organisation mondiale de la santé.

Cent soixante-sept soignants infectés, quarante-sept morts

Le prix de cette irrégularité se lit dans les rangs des soignants.

Le cumul atteint 167 infections confirmées et 47 décès parmi les personnels de santé. Le rapport y voit une préoccupation majeure, qui souligne la persistance des risques de transmission associés aux soins et la nécessité de renforcer le triage, l’usage des équipements de protection et le respect des normes.

Depuis le début de la riposte, plus de 1 900 agents de santé ont été formés, plus de 3 000 ménages et 900 formations sanitaires décontaminés, 1 200 points de dépistage et de triage installés.

Ce que le déplacement demande

Un épicentre qui se déplace impose un redéploiement des équipes, des lits et des stocks. Aucun n’a été annoncé publiquement vers Katwa, Beni et Butembo.

Nous avions décrit la létalité du Nord-Kivu et la saturation de ses lits d’isolement, mesurées cinq jours plus tôt.

Le Nord-Kivu est aussi la province où se déroulent les combats entre les forces armées congolaises et l’AFC/M23, et celle où le groupe a annoncé des restrictions de circulation depuis et vers les zones touchées sous contrôle du gouvernement.

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B
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