Santé Ebola : une riposte à bout de souffle, entre déficit de financement et grève des soignants
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Ebola : une riposte à bout de souffle, entre déficit de financement et grève des soignants

Grève des prestataires en Ituri, déficit de 20 millions de dollars, projection du PNUD à 10 000 cas : la riposte contre Ebola manque à la fois d'argent et de bras.

Ebola : une riposte à bout de souffle, entre déficit de financement et grève des soignants
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 10 JUILLET 2026 - 22:09 WAT · 2 min de lecture

La riposte contre Ebola vacille au moment où l’épidémie s’étend. En Ituri, épicentre du foyer, la première ligne, hygiénistes et prestataires d’appui, s’est mise en grève dans plusieurs centres de traitement, faute d’être payée. En mission à Bunia, le ministre de la Santé, Roger Kamba, a reconnu des retards de paiement, qu’il impute à des difficultés dans la validation des listes des prestataires, et promis une solution rapide.

Le mouvement frappe un maillon vital. Sans hygiénistes, la décontamination et la prévention des infections dans les centres de traitement s’effondrent, exposant soignants et patients au virus. La colère du personnel n’est pas nouvelle : Kinshasa avait déjà promis, quelques jours plus tôt, de répondre aux revendications des professionnels engagés dans la riposte.

La crise sociale se double d’une crise budgétaire. La lutte contre la 17e épidémie fait face à un déficit de financement estimé à 20 millions de dollars, qui freine le déploiement des équipes, la logistique et la vaccination. Le Programme des Nations unies pour le développement redoute, dans un scénario pessimiste, jusqu’à 10 000 cas et 2 000 décès d’ici la fin de l’année.

Sur le terrain, chaque faille se paie. À Bunia, une femme présentée par des témoins comme une patiente d’Ebola, qui avait quitté le centre de traitement, a dû être reconduite par les équipes de la riposte, signe de la difficulté à maintenir les malades en isolement. Les soignants appellent la population à « signaler rapidement tout cas suspect » et à « éviter tout contact » avec les personnes soupçonnées d’être infectées.

Le paradoxe est là. Alors que le virus gagne de nouvelles provinces, jusqu’à la Tshopo, la riposte manque à la fois d’argent et de bras. Chaque jour de grève ou de retard de paiement élargit la fenêtre par laquelle l’épidémie peut se propager.

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B
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