Politique 113 fioles contenant le virus Mpox dans les bagages ? Non, l’affaire ne vient pas de l’est de la RDC

113 fioles contenant le virus Mpox dans les bagages ? Non, l’affaire ne vient pas de l’est de la RDC

Partiellement faux. Les deux chercheurs des NIH poursuivis aux États-Unis pour 113 fioles de mpox revenaient de Brazzaville (République du Congo), et non de l’est de la RDC ni d’une zone occupée par l’armée rwandaise.

113 fioles contenant le virus Mpox dans les bagages ? Non, l’affaire ne vient pas de l’est de la RDC
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 8 JUIN 2026 - 11:24 WAT · 5 min de lecture

Verdict : partiellement faux. Deux chercheurs liés aux National Institutes of Health américains ont bien été poursuivis aux États-Unis après la découverte de 113 fioles dans leurs bagages. Parmi eux figure bien Vincent Munster, virologue reconnu. Mais les documents judiciaires américains ne disent pas qu’ils revenaient de l’est de la RDC, ni d’une zone occupée par l’armée rwandaise. Ils évoquent un voyage en provenance de Brazzaville, en République du Congo, et des échantillons liés au mpox, anciennement appelé monkeypox.

L’affirmation circule depuis quelques jours avec une forte charge politique : deux scientifiques auraient été arrêtés après un séjour dans l’est de la RDC, zone sous occupation rwandaise, avec 113 fioles dans leurs bagages. La mention de Vincent Munster, spécialiste des virus émergents, donne à l’affaire une dimension sensible, dans un contexte régional déjà marqué par Ebola, le mpox, la guerre dans l’Est et les soupçons autour de la collecte d’échantillons biologiques.

Les faits vérifiés sont moins simples, mais sérieux.

Selon le ministère américain de la Justice, Vincent Munster, citoyen néerlandais de 53 ans, et Claude Kwe, citoyen camerounais de 38 ans, tous deux chercheurs au Rocky Mountain Laboratory des NIH dans le Montana, ont été inculpés le 2 juin 2026 pour conspiration en vue d’introduire illégalement du monkeypox aux États-Unis et pour fausses déclarations aux forces de l’ordre fédérales. Munster est présenté comme chef de la section d’écologie virale du laboratoire de virologie ; Kwe comme chercheur dans cette même section.

Le point décisif est l’origine du voyage. Le communiqué du parquet fédéral du Michigan indique que les deux chercheurs sont arrivés le 25 janvier 2026 à l’aéroport métropolitain de Detroit, après un déplacement parti de Brazzaville, République du Congo, où une épidémie de monkeypox était en cours. Il n’est pas question, dans ce document officiel, de la République démocratique du Congo, de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu ou d’une zone contrôlée par l’armée rwandaise.

Lors du contrôle, les agents américains disent avoir observé une grande malle noire. Les deux chercheurs auraient affirmé qu’elle contenait du matériel de diagnostic et de test. Selon les autorités américaines, l’inspection menée ensuite par les douanes et le FBI a permis de découvrir 113 fioles placées dans des glacières en polystyrène. Sur les 20 fioles déjà testées au moment de la plainte, 17 contenaient du virus monkeypox désactivé, une contenait le virus de la varicelle et deux uniquement de l’ADN humain.

L’Associated Press confirme les principaux éléments : les deux scientifiques ont été arrêtés à Detroit après un vol via Paris et neuf jours passés en République du Congo. AP précise également que les documents judiciaires ne disent pas pourquoi les chercheurs auraient voulu ramener ces échantillons à leur laboratoire, tout en rappelant qu’ils travaillaient depuis longtemps sur le mpox.

La confusion vient probablement de deux facteurs. D’abord, le mot “Congo” est souvent utilisé de manière imprécise pour désigner soit la République du Congo, capitale Brazzaville, soit la République démocratique du Congo, capitale Kinshasa. Ensuite, Vincent Munster est bien associé à des recherches menées en Afrique centrale, y compris sur Ebola et le mpox. Le programme interne des NIH indique que son équipe étudie les virus émergents et que son laboratoire a ajouté le monkeypox à ses capacités de diagnostic en 2017 après une épidémie dans une communauté forestière rurale en République du Congo.

Cela ne suffit pas à établir un lien avec l’est de la RDC. À ce stade, BETO n’a trouvé aucune source judiciaire ou médiatique fiable confirmant que les deux chercheurs revenaient d’une zone occupée par l’armée rwandaise. Aucun élément consulté ne rattache non plus les fioles à Ebola. Les autorités américaines parlent de mpox désactivé, de varicelle et d’ADN humain, sur la base des premiers tests mentionnés dans la plainte.

L’affaire demeure néanmoins grave. Les autorités américaines reprochent aux deux chercheurs d’avoir transporté des matériaux biologiques sans autorisation et d’avoir menti lors du contrôle. Le parquet indique qu’ils encourent jusqu’à cinq ans de prison. Mais il rappelle aussi qu’une plainte pénale n’est pas une preuve de culpabilité : les deux hommes sont présumés innocents tant que leur culpabilité n’a pas été établie au-delà du doute raisonnable.

Ce qu’il faut retenir : oui, Vincent Munster et Claude Kwe sont bien visés par une procédure américaine liée à 113 fioles contenant notamment du mpox désactivé. Non, les éléments disponibles ne confirment pas qu’ils revenaient de l’est de la RDC ou d’une zone sous occupation rwandaise. La version la plus précise, à ce stade, est celle-ci : deux chercheurs des NIH sont poursuivis aux États-Unis après un voyage en République du Congo, dans une affaire de transport non autorisé d’échantillons biologiques.

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B
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