Géopolitique EJVM+ : le mécanisme de vérification du cessez-le-feu que Washington veut déployer sans délai

EJVM+ : le mécanisme de vérification du cessez-le-feu que Washington veut déployer sans délai

Devant le Conseil de sécurité, Massad Boulos a exigé le lancement immédiat de la première mission de l’EJVM+, le bras technique de vérification du cessez-le-feu dans l’Est, que Kinshasa et Kigali se sont engagés à soutenir à Londres.

Félix Tshisekedi hésite avant de déplier le document pour la photo officielle lors de la signature de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, ce jeudi à Washington | ©️ Sputnik Afrique Officiel via Telegram
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 27 JUIN 2026 - 02:33 WAT · 3 min de lecture

Le conseiller spécial du président américain pour l’Afrique, Massad Boulos, a réclamé le vendredi 26 juin devant le Conseil de sécurité de l’ONU le lancement sans délai de la première mission du Mécanisme conjoint élargi de vérification, l’EJVM+. « La MONUSCO a fait tout le nécessaire pour que les missions de l’EJVM+ soient aussi efficaces que possible. Nous demandons aux parties d’approuver immédiatement la première mission », a déclaré le diplomate.

Derrière l’acronyme, un rouage central du cessez-le-feu. L’EJVM+ est le bras technique du dispositif de paix issu de l’accord-cadre de Doha : il lui revient de surveiller le terrain, de vérifier les incidents et de signaler les violations de la trêve. Il fonctionne en tandem avec le Mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu (COVM), l’organe politique de décision. L’EJVM+ prolonge le mécanisme élargi de vérification de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), basé à Goma, dont le commandement a été renouvelé en janvier 2026.

La veille de l’intervention de Boulos, à Londres, lors de la sixième réunion du comité de supervision conjoint de l’accord, en présence du Qatar, des États-Unis, du Togo et de l’Union africaine, Kinshasa et Kigali s’étaient accordés pour soutenir le déploiement rapide de l’EJVM+ en vue de sa première mission, et pour élargir son mandat aux engagements pris dans le cadre des accords de Washington.

Pour Washington, cette vérification conditionne tout le reste. Le conseiller américain a présenté la surveillance comme « la première étape vers la responsabilisation », sans laquelle, a-t-il soutenu, il est impossible d’établir les faits sur le terrain ni d’identifier les responsables des violations du cessez-le-feu, alors que les obligations fixées par la résolution 2773 restent largement inappliquées.

Boulos a par ailleurs salué le rôle de la MONUSCO dans le désarmement, la démobilisation et la réintégration des FDLR et d’autres groupes armés de l’Est, tout en mettant en garde contre les effets contraires de l’armement et de la mobilisation des populations locales.

Reste l’épreuve des faits : tant que la première mission n’est pas déployée, le mécanisme demeure une coquille, et c’est sa mise en route, plus que les engagements signés, qui mesurera la volonté réelle des parties de tenir la trêve.

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