« Et si Ebola était une bombe biologique ? », le député Yangotikala jete un pavé dans la mare
Lors de son intervention mercredi au perchoir de l’Assemblée nationale, le député national Laddy Yangotikala a jeté un pavé dans la mare concernant la gestion de la 17e épidémie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Entre soupçons de déstabilisation et appel à l'implication de l'armée, l'élu de Kisangani et aussi médecin de carrière, appelle à une prise de conscience nationale.
« Et si Ebola était une bombe biologique ? », le député Yangotikala jete un pavé dans la mare
AFP
« Et si la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola était une bombe biologique ? » C’est par cette interrogation, qualifiée par lui-même de « réflexion en l’air », que le député Laddy Yangotikala a capté l’attention de la chambre basse du Parlement. Pour lui, la récurrence et le timing de cette épidémie soulèvent des questions qui dépassent le simple cadre sanitaire.
Dans son intervention, Yangotikala a pointé du doigt une coïncidence temporelle suspecte. Selon lui, le déploiement de la « diplomatie agissante » du Président Félix-Antoine Tshisekedi, ayant abouti à des accords de coopération avec les États-Unis, aurait été immédiatement suivi par l’émergence du virus. Un scénario qui, selon ses dires, aurait pour conséquence directe de dissuader les investisseurs américains de fouler le sol congolais, refroidis par l’insécurité sanitaire.
« Est-ce qu’on a eu le temps de réfléchir et de se poser la question si cette 17e épidémie était une bombe biologique ? », a-t-il lancé, invitant ses collègues, dont des experts en virologie présents dans l’hémicycle, à sortir d’une vision purement médicale pour adopter une perspective sécuritaire.
Pour Laddy Yangotikala, la gestion d’Ebola ne peut plus se limiter au ministère de la Santé. Dans un contexte où des zones entières, notamment au Nord et au Sud-Kivu (Beni, Butembo, Goma, Bukavu), échappent au contrôle des mouvements de population, Laddy Yangotikala estime que le ministère de la Défense doit être intégré à la riposte.
Il souligne l’incohérence de laisser circuler librement les populations entre les foyers infectés et les zones saines tout en espérant endiguer la maladie. À l’en croire, la lutte contre Ebola est désormais « une question hautement sécuritaire ».
Serge SINDANI
Budget 2027 préparé à 90 % : trois chantiers nationaux, aucun coût publié
RDC : la société civile lance l’Alliance pour la Patrie face aux menaces contre l’unité nationale