Politique Dialogue : « Félix Tshisekedi ne peut pas être arbitre et garant », affirme le mouvement pro-Kabila « Sauvons la RDC »
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Dialogue : « Félix Tshisekedi ne peut pas être arbitre et garant », affirme le mouvement pro-Kabila « Sauvons la RDC »

Dialogue : « Félix Tshisekedi ne peut pas être arbitre et garant », affirme le mouvement pro-Kabila « Sauvons la RDC »
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 1 AOÛT 2026 - 23:28 WAT · 3 min de lecture

Un mouvement que les Nations unies relient à la rébellion tente de peser sur le dialogue national sans y avoir été convié. « Sauvons la RDC », plateforme proche de Joseph Kabila que le Groupe d’experts de l’ONU décrit comme la caution politique de l’AFC/M23, a publié le 1er août une déclaration fixant sept conditions à la tenue du dialogue annoncé par le cardinal Fridolin Ambongo. Le texte est signé par Moïse Nyarugabo.

Interdit en RDC, le mouvement figure parmi les formations dont il réclame lui-même la levée de l’interdiction. Son signataire, Moïse Nyarugabo, ancien sénateur et proche de longue date de Joseph Kabila, membre fondateur de la plateforme, est présenté par des rapports récents comme une figure montante de l’AFC/M23. L’ONU a documenté le rôle de premier plan de Kabila au sein de cette rébellion, elle-même soutenue par le Rwanda.

Les sept exigences dessinent un dialogue soustrait à la main de Kinshasa. Le mouvement réclame une médiation neutre appuyée par l’Union africaine et l’ONU, la tenue des assises dans un pays tiers, une inclusivité « sans exclusion ni conditions sélectives », et des résolutions souveraines et contraignantes. Il demande surtout l’abandon préalable de tout référendum, « tout projet de référendum visant à modifier ou à remplacer la Constitution » devant, selon lui, « être définitivement abandonné avant l’ouverture du dialogue ».

S’y ajoute une longue liste de mesures de décrispation, la fin de l’instrumentalisation de la justice, la libération des prisonniers politiques, la levée des condamnations à mort, le retour des exilés, la dissolution de la milice « Force du progrès » et la levée de l’interdiction frappant « Sauvons la RDC ». Le cœur de la déclaration vise le chef de l’État lui-même. « Monsieur Félix Tshisekedi ne peut pas être arbitre et garant d’un processus appelé à réconcilier les Congolais », écrit le mouvement, qui le désigne comme le « premier responsable » de la crise et exige une médiation indépendante.

Certaines de ces demandes recoupent celles de l’opposition classique, comme la décrispation ou une médiation neutre, portées aussi par la Coalition Article 64. Mais elles émanent ici d’un acteur que l’ONU relie à la rébellion armée et à Kigali, et dont le rejet de tout arbitrage par Félix Tshisekedi épouse la ligne de l’AFC/M23, qui refuse de négocier sous l’autorité de Kinshasa. La référence appuyée du texte à Joseph Kabila, présenté en artisan passé du dialogue intercongolais, situe le mouvement dans l’orbite de l’ancien président.

En posant ses conditions à un dialogue dont il est absent, « Sauvons la RDC » cherche à s’inviter dans un processus qui interroge déjà la place des groupes armés. Le débat sur l’inclusivité, entre ceux qui veulent y associer l’AFC/M23 et ceux qui écartent les acteurs de la guerre, reste ouvert. La démarche de Nyarugabo montre que l’axe Kabila-AFC/M23 entend y faire entendre sa voix, pendant que, sur le terrain, les armes n’ont pas cessé de parler.

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B
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