Guerre du M23 : la Belgique annonce faire pression pour le renforcement des sanctions contre le Rwanda
Guerre du M23 : la Belgique annonce faire pression pour le renforcement des sanctions contre le Rwanda
AFP
Alors que la guerre à l’Est de la RDC continue de faire des victimes parmi les populations civiles, la diplomate belge a réaffirmé la position de son pays : condamner sans ambiguïté l’agression du Rwanda et soutenir des sanctions contre le régime de Kigali ainsi que contre les rebelles du M23.
Au terme d’un échange avec le gouverneur du Nord-Kivu mardi dernier, Mme De Bilderling a tenu un discours sans équivoque. Elle a rappelé que la Belgique, fidèle à ses principes de respect du droit international, ne saurait tolérer l’occupation d’un État souverain, encore moins le pillage de ses ressources ou les violences faites à sa population.
« La Belgique a été à l’avant-garde pour condamner cette agression et faire adopter des sanctions. Nous assumons les répercussions politiques de cette position, car il s’agit de principes fondamentaux », a-t-elle déclaré.
Par cette déclaration, la Belgique s’écarte d’une diplomatie prudente, souvent pratiquée par d’autres capitales européennes. Elle entend porter la voix des principes dans un contexte international dominé par les intérêts géostratégiques.
Deux poids, deux mesures ?
Dans un parallèle assumé, Roxane De Bilderling a souligné une incohérence dans la réaction de la communauté internationale. Elle s’est interrogée sur l’indignation collective face à l’invasion de l’Ukraine, en contraste avec le silence relatif entourant l’agression dont est victime la RDC.
« Nous avons été clairs sur l’Ukraine. Pourquoi devrions-nous fermer les yeux lorsqu’il s’agit de l’Afrique ? », a-t-elle souligné, rappelant les liens historiques entre la Belgique et la RDC.
L’ambassadrice a également salué les efforts entrepris par les autorités congolaises pour renforcer l’intégration régionale, notamment à travers le développement des infrastructures et du commerce transfrontalier avec les pays d’Afrique de l’Est. Elle voit dans cette dynamique un levier pour consolider la paix et renforcer la stabilité dans la région.
Une diplomatie de rupture ?
La position belge, bien qu’appréciée dans certains cercles congolais, pourrait accentuer les tensions diplomatiques au sein de certaines alliances internationales. Mais pour Bruxelles, il s’agit d’un choix assumé : privilégier les principes plutôt que les compromis diplomatiques, même au prix d’un isolement momentané.
Cette posture pourrait-elle inciter d’autres nations à reconsidérer leur silence ? La Belgique vient peut-être de lancer un signal fort : l’Afrique mérite aussi une diplomatie fondée sur la justice et la cohérence.
Azarias Mokonzi
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