Droits humains Haut-Uélé : 10 000 déplacés à Watsa et Wamba sans assistance depuis trois mois

Haut-Uélé : 10 000 déplacés à Watsa et Wamba sans assistance depuis trois mois

Fuyant les ADF depuis mai, les déplacés des chefferies d'Andobi, Kebo et Mahaa n'ont reçu ni aide gouvernementale ni aide humanitaire. Un chef de groupement et ses neuf enfants ont été tués la semaine dernière.

Familles déplacées et enfants dans un site de déplacés de l'est de la RDC

Photo d'illustration. Site de déplacés dans l'est de la RDC. © BETO
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 3 SEPTEMBRE 2026 - 13:38 WAT · 3 min de lecture

Environ 10 000 personnes déplacées par les attaques des ADF dans les territoires de Watsa et de Wamba, au Haut-Uélé, n’ont reçu aucune assistance depuis plus de trois mois. « Depuis plus de trois mois, aucune aide du Gouvernement ni des organisations humanitaires n’est parvenue dans ces zones », déclare Joseph Kalema, acteur de la société civile du territoire de Watsa.

Trois chefferies, un exode qui dure depuis mai

Les déplacés proviennent des chefferies d’Andobi, de Kebo et de Mahaa. Les attaques attribuées aux ADF y ont commencé en mai 2026 et se poursuivent. La semaine précédant l’alerte, un chef de groupement et ses neuf enfants ont été tués dans l’une de ces incursions.

Les familles déplacées manquent de vivres, de soins de santé et de produits de première nécessité, et vivent dans des conditions décrites comme extrêmement difficiles, sans accès aux besoins de base ni moyens de subsistance. Elles demandent le rétablissement de la sécurité pour rentrer chez elles avant que l’année scolaire ne soit trop avancée.

Le Haut-Uélé, provincial et hors cadre

La progression des ADF vers le Haut-Uélé n’est pas nouvelle. Elle avait fait l’objet d’une alerte de chercheurs deux ans avant que le gouvernement n’adopte un plan régional couvrant cinq provinces. Le Haut-Uélé est aujourd’hui la troisième province la plus touchée par l’épidémie d’Ebola, avec 222 cas confirmés et 97 décès au 30 août, et la complétude des rapports de surveillance y tombe à 36 %.

Le territoire de Watsa a déjà connu cette situation. En 2019, plus de 16 000 personnes fuyant les violences de l’Ituri y vivaient sans assistance. Sept ans plus tard, le même territoire accueille un nouvel exode dans les mêmes conditions.

Cette absence de réponse n’est pas propre au Haut-Uélé. Le groupe de travail d’analyse de crises coordonné par les Nations unies relève, pour le deuxième trimestre 2026, que la couverture humanitaire reste nettement inférieure à l’ampleur des besoins dans plusieurs zones critiques, et que les déficits les plus préoccupants concernent celles qui cumulent besoins élevés, accès difficile et faible présence opérationnelle. Son analyse ne couvre que le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri.

À lire aussi

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…