Ituri : affaibli, le CRP-Zaïre tend désormais des embuscades pour prendre l’or et les armes
Le compte rendu du Conseil des ministres du 25 septembre décrit un changement de méthode : la coalition CRP-Zaïre vise des expatriés du secteur minier pour s’emparer de l’or, et des militaires et policiers pour s’approvisionner en armes. Ni bilan, ni dates, ni axes n’ont été communiqués.
Ituri : affaibli, le CRP-Zaïre tend désormais des embuscades pour prendre l’or et les armes
AFP
Les insurgés de la coalition CRP-Zaïre ont changé de méthode en Ituri, et le gouvernement le dit en Conseil des ministres. Selon le compte rendu de la réunion du vendredi 25 septembre, présenté par le vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale et des Anciens combattants, la réduction des capacités de cette coalition l’a conduite à modifier son mode opératoire, en recourant aux embuscades.
Deux cibles, deux butins
Le compte rendu décrit une double cible. D’une part, des expatriés travaillant dans le secteur minier, visés « pour s’accaparer de l’or ». D’autre part, des militaires et des policiers, visés « pour s’approvisionner en armes ».
La formulation dit deux choses. Le groupe manque d’armes, ce qui accrédite l’affaiblissement dont parle le gouvernement. Et il se finance directement sur l’or du secteur minier, sans passer par le contrôle de sites.
Le document ne donne ni le nombre d’embuscades, ni les dates, ni les axes concernés, ni le bilan humain, ni la nationalité des expatriés visés, ni les montants ou quantités d’or emportés. Il indique que les Forces armées mènent « le ratissage des zones ciblées et une traque en profondeur ».
Ce que la province a déjà enregistré ce mois
Le CRP est un acteur connu de la crise iturienne. Le 22 septembre, des tirs attribués au CRP ont été entendus à Drodro et Largu, jusque dans une école, en dépit du cessez-le-feu. Le lendemain, à Bunia, le site de déplacés de Kigonze était bouclé après un incendie d’abris.
La province vit sous un régime d’exception dont la reconduction est régulière : l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu a encore été prorogé de quinze jours en août.
Le reste du tableau sécuritaire présenté au Conseil
Le même rapport décrit deux autres théâtres. Au Nord-Kivu, toutes les tentatives d’attaques lancées par les troupes que le compte rendu désigne comme « RDF/AFC/M23 » ont été tenues en échec, et l’ennemi a été « mis en déroute » dans le territoire de Masisi. Au Sud-Kivu, les Forces armées défendent leurs positions face aux attaques de la coalition Twirwaneho, Red-Tabara et FNL « appuyée par l’Armée rwandaise », dans les hauts et moyens plateaux de Fizi et d’Uvira, autour de la localité de Point Zéro.
Ces deux séquences se déroulent alors que les Forces armées accusaient déjà l’AFC/M23 de violer le cessez-le-feu sur l’axe Walikale-Masisi, et que la résolution 2773 exige le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
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