Jean-Pierre Bemba dénonce un complot contre Tshisekedi, orchestré par l’Église catholique, « financée par Katumbi et Kabila »
Jean-Pierre Bemba dénonce un complot contre Tshisekedi, orchestré par l’Église catholique, « financée par Katumbi et Kabila »
AFP
Une bombe politique en pleine interview. Ce lundi 9 juin, Jean-Pierre Bemba a lâché une déclaration à haut potentiel explosif. Face au journaliste, l’actuel ministre des Transports et figure majeure de la coalition au pouvoir en RDC affirme : « Leur but, c’était d’évincer le président », en parlant d’un groupe de hauts responsables religieux et politiques, dont certains membres influents de l’Église catholique.
Selon lui, le cardinal aurait discuté avec des groupes de fidèles d’un plan de “voie de sortie” pour Félix Tshisekedi — une manière à peine voilée de préparer son départ prématuré, à peine quelques mois après sa réélection. Un autre prélat, Monseigneur Chollet, aurait été encore plus explicite : il s’agirait de « préparer l’arrivée du prochain président », sans attendre l’échéance démocratique de 2028.
Saboter la gratuité de l’enseignement ?
Pour Bemba, l’enjeu réel de ce supposé complot est clair : faire échouer la réforme phare de Tshisekedi — la gratuité de l’enseignement primaire. « Ils espèrent qu’en évincant le président, le prochain reviendra sur cette décision salvatrice. » Il accuse certains milieux politico-religieux de vouloir bloquer l’accès à l’éducation à des millions d’enfants, pour affaiblir le socle populaire du président.
La gratuité scolaire, qui a permis à plus de deux millions d’élèves supplémentaires d’être scolarisés chaque année, est décrite ici comme la cible principale d’une stratégie de rupture brutale avec le programme social actuel.
Katumbi et Kabila dans le viseur
Dans la suite de l’interview, Jean-Pierre Bemba désigne les présumés “financiers” de cette opération subversive :
« C’est Moïse Katumbi et Hippolyte Kanambé, alias Joseph Kabila »,
lâche-t-il sans détour. L’ancienne opposition de façade entre Katumbi et Kabila ne serait qu’un écran de fumée, selon Bemba. Aujourd’hui, ils feraient alliance dans l’ombre pour soutenir une déstabilisation du régime Tshisekedi.
Il évoque même une “feuille de route” en douze points publiée récemment, interprétée comme un programme de conquête du pouvoir par des moyens non électoraux.
Les mots sont forts. L’accusation est frontale. Et si elle est sans preuve immédiate, elle marque une escalade majeure dans la guerre des récits qui secoue le sommet de l’État. Bemba ne parle pas seulement d’opposition politique, mais d’un plan d’éviction anticipée du chef de l’État, soutenu selon lui par des réseaux religieux influents et des anciens barons du pouvoir.
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