Le plan Desabre qui a fait tomber le Portugal dans le piège
Bloc bas, contres et un seul changement face aux trois du Portugal : décryptage du plan de Sébastien Desabre, qui a permis aux Léopards d'arracher le nul (1-1).
Sebastien Desabre, sélectionneur des léopards A lors de la conférence de presse d'avant match contre la Tanzanie. Kinshasa, le 09 Octobre 2024
Radio Okapi/Ph. Jonathan Fuanani
AFP
Un point face au Portugal ne s’improvise pas. Derrière le 1-1 arraché par la RD Congo, mercredi à Houston, il y a un plan, et un homme qui l’a tenu jusqu’au bout : Sébastien Desabre. Le sélectionneur français des Léopards avait prévenu, en dévoilant sa liste : « La Coupe du monde, ce n’est pas le moment pour faire des tests. » Sur la pelouse, son équipe a appliqué la consigne à la lettre.
Le plan tenait en quelques principes. Un bloc bas et compact, refusant les espaces dans le dos de la défense ; des lignes resserrées autour de la surface ; et une discipline collective destinée à étouffer la possession portugaise. Le résultat se lit dans les chiffres : malgré plus de 70 % de ballon, le Portugal n’a cadré que deux tirs, et sa star, Cristiano Ronaldo, a terminé le match avec seulement vingt-cinq ballons touchés.
Mais Desabre n’a pas seulement organisé la résistance. Son équipe a su frapper au bon moment, juste avant la pause, sur l’un des rares temps forts congolais : un centre de Masuaku, une tête de Wissa, et l’égalisation. Les statistiques disent même que les Léopards ont davantage tiré que les Portugais — preuve d’un plan qui ne se résumait pas à défendre, mais à punir.
La gestion des changements a confirmé la maîtrise. Quand son homologue portugais vidait son banc offensif — trois entrées, dont Leão et Conceição — pour forcer la décision, Desabre n’a procédé qu’à un seul ajustement, l’entrée de Noah Sadiki à la 57e. Une économie de moyens qui dit la confiance du sélectionneur dans son onze et dans son plan.
« On a été vaillants face à une équipe meilleure que la nôtre », a résumé Yoane Wissa au coup de sifflet, avant de fixer le cap : « Le plus important, c’est de continuer maintenant. » Le ton est celui d’un groupe qui sait pourquoi il a tenu. Reste à rééditer la performance, dès le 24 juin, face à une Colombie autrement plus huilée.
Sources : déclarations de Sébastien Desabre (présentation de la liste) et de Yoane Wissa (après-match), 2026 ; statistiques du match RDC-Portugal (FIFA), 17 juin 2026.