En continu Kananga : Denise Nyakeru appelle les chefs coutumiers à promouvoir la paix, la justice et l’éducation des filles

Kananga : Denise Nyakeru appelle les chefs coutumiers à promouvoir la paix, la justice et l’éducation des filles

Kananga : Denise Nyakeru appelle les chefs coutumiers à promouvoir la paix, la justice et l’éducation des filles
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 7 SEPTEMBRE 2026 - 12:32 WAT · 3 min de lecture

Dans l’espace Kasaï, certaines pratiques coutumières continuent d’affecter les droits des femmes, parfois en contradiction avec les lois de la République. À Kananga, dans le Kasaï-Central, plusieurs chefs coutumiers ont pris l’engagement de contribuer à l’abandon de ces pratiques.

Cet engagement a été pris le 3 septembre 2026, lors d’une cérémonie organisée en présence de la Première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi. Celle-ci a appelé les autorités traditionnelles à jouer pleinement leur rôle dans la promotion de la paix et de la justice au sein de leurs communautés, tout en encourageant les parents à soutenir la scolarisation et la poursuite des études des jeunes filles.

Parmi les pratiques dénoncées figurent notamment les violences conjugales, les mariages précoces, la répudiation de femmes victimes de violences sexuelles ainsi que certaines restrictions à l’accès des femmes à l’éducation et au travail.

La situation s’est notamment aggravée durant les violences liées au phénomène Kamuina Nsapu. Selon les acteurs de défense des droits des femmes, plusieurs femmes mariées victimes de violences sexuelles ont été répudiées de leurs foyers, parfois après avoir subi des humiliations ou avoir été contraintes de payer des amendes.

C’est dans ce contexte que l’ONG Femme main dans la main pour le développement intégral a engagé un dialogue avec les autorités traditionnelles. « Nous avons fait ce plaidoyer pour que ces femmes puissent regagner leur foyer conjugal », a expliqué Nathalie Kambala, présidente de l’organisation.

Soutenu par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), ce dialogue communautaire a abouti à la signature d’un acte d’engagement par les chefs coutumiers. Le document prévoit notamment de renforcer la protection des femmes et de favoriser l’abandon des pratiques jugées contraires à leurs droits.

Le représentant résident de l’UNFPA en RDC, Alain Akpadji, a salué cette démarche, soulignant le rôle déterminant des autorités traditionnelles dans l’évolution des normes sociales. « L’UNFPA, avec les autres agences du système des Nations unies, a beaucoup soutenu ce dialogue communautaire », a-t-il déclaré.

Denise Nyakeru Tshisekedi a, de son côté, qualifié cet engagement de signal important. « Pour moi, c’est une première de voir que les chefs coutumiers acceptent de coopérer et comprennent l’importance de bannir tout ce qui est injustice selon les coutumes », a-t-elle souligné.

Les autorités traditionnelles ont également présenté à la Première dame plusieurs préoccupations liées à la santé, à l’éducation et au développement socio-économique. La signature de cet acte marque ainsi une nouvelle étape dans le dialogue entre les chefs coutumiers et les acteurs engagés dans la défense des droits des femmes au Kasaï-Central.

Gloire MALUMBA

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