Dialogue national : les cinq crimes que Tshisekedi refuse d’amnistier
Crimes de guerre, crimes contre l'humanité, génocide, violences sexuelles graves et autres crimes imprescriptibles : ce que le chef de l'État exclut de tout compromis politique.
Dialogue national : les cinq crimes que Tshisekedi refuse d’amnistier
AFP
En lançant le Dialogue national le jeudi 27 août 2026, Félix Tshisekedi a fermé la porte à une amnistie générale. « Les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les actes de génocide, les violences sexuelles graves et les autres crimes imprescriptibles ne pourront être effacés par une amnistie générale ni sacrifiés au nom d’un compromis politique », a déclaré le chef de l’État.
La formule est brève et sans réserve : « Nous ne construirons pas la réconciliation sur l’oubli. » Le président ajoute qu’il ne laissera pas davantage la vengeance, la haine ou la peur décider de l’avenir des enfants du pays.
Les victimes, d’abord
L’engagement s’appuie sur un constat que le chef de l’État porte au compte des processus antérieurs. « Les victimes, quant à elles, ont parfois été appelées à pardonner avant d’avoir été pleinement entendues, reconnues et réparées », a-t-il relevé.
Il en tire une double obligation : « Ouvrir le chemin de la paix à celles et ceux qui renoncent sincèrement à la violence et garantir la justice à celles et ceux qui en ont été les victimes. »
Le PDDRCS comme point d’entrée
Ceux qui déposent les armes à titre individuel relèveront des mécanismes de désarmement, de démobilisation, de réintégration, de relèvement communautaire et de stabilisation. Le texte évoque ces mécanismes sans nommer le programme qui les porte. Le P-DDRCS a été créé par l’ordonnance n° 21/038 du 4 juillet 2021 et placé sous la haute autorité du président de la République. Son coordonnateur national, Jean de Dieu Désiré Ntanga Ntita, faisait état en avril 2026 de plus de 5 000 ex-combattants démobilisés en quatre ans. Les dispositifs de justice transitionnelle et de réconciliation compléteront cette prise en charge.
La décrispation, sans toucher à la justice
Le chef de l’État annonce parallèlement des mesures de confiance. « Je donnerai instruction au Gouvernement d’engager, en concertation avec les institutions compétentes et dans le strict respect de la séparation des pouvoirs, la préparation et la mise en œuvre de mesures de confiance et de décrispation politique », a-t-il dit, en posant trois garde-fous : l’indépendance de la justice, les droits des victimes et les impératifs de sécurité nationale. Il s’engage aussi à réunir les conditions de sécurité permettant le retour de compatriotes que l’histoire récente a tenus en marge de l’unité nationale, sans nommer personne.
La résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée le 21 février 2025, exige de son côté le démantèlement intégral des administrations parallèles installées dans les zones sous contrôle du M23.
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