Kasaï-Central : l’Assemblée provinciale décapite son bureau
Les députés provinciaux du Kasaï-central lors de la plénière. © Pierre Kabakila, BETO.CD.
AFP
Un séisme politique a secoué le Kasaï-Central ce mardi 10 juin, alors que l’ensemble des membres du bureau de l’Assemblée provinciale ont été destitués de leurs fonctions. Cette décision historique fait suite à des pétitions qui ciblaient tous les dirigeants de l’organe délibérant provincial.
La plénière, convoquée par le bureau d’âge, a réuni 19 députés provinciaux. Les votes ont été sans appel, scellant le sort de chaque membre du bureau :
- Le président de l’Assemblée provinciale, Daniel Lukusa, a été déchu avec 14 voix pour son départ ;
- Le vice-président a également été destitué par 16 voix ;
- Le rapporteur a été écarté par 15 voix.
- Le questeur a vu son mandat prendre fin avec 14 voix contre lui ;
- Le rapporteur adjoint a été destitué par 15 voix.
Les accusations portées contre les membres destitués sont lourdes et variées. Le président Daniel Lukusa est notamment pointé du doigt pour une gestion opaque des fonds de fonctionnement et une ingérence jugée abusive dans la gestion de la Direction Générale des Recettes du Kasaï-Central (DGRKAC), où 95 % du personnel aurait été révoqué sous son impulsion. Il est également cité dans un détournement présumé de 56 millions de francs congolais, destinés au fonctionnement de l’institution pour l’exercice 2023-2024.
Le vice-président, quant à lui, est reproché pour son « inertie»face à la défense des intérêts sociaux des députés. Les pétitionnaires l’accusent également, ainsi que d’autres membres du bureau, d’avoir détourné à leur profit des avantages réservés aux parlementaires.
Pour sa part, le rapporteur est critiqué pour son inefficacité dans la communication institutionnelle et serait impliqué, selon les pétitionnaires, dans un détournement de 300 millions de francs congolais. Enfin, le questeur est jugé incompétent dans la gestion budgétaire et la supervision des services administratifs. Quand on rapporteur adjoint est aussi déchu des plusieurs griefs dont la compétence.
Pierre Kabakila