Politique Kasaï-Central : Le Conseil Provincial de la Jeunesse rejette la réhabilitation de son président suspendu pour «abus sexuels»
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Kasaï-Central : Le Conseil Provincial de la Jeunesse rejette la réhabilitation de son président suspendu pour «abus sexuels»

Les membres du conseil provincial de la jeunesse. © pierre Kabakila/ BETO.CD
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 26 JUIN 2025 - 08:01 WAT · 3 min de lecture

Le Conseil Provincial de la Jeunesse (CPJ) du Kasaï-Central s’oppose catégoriquement à la réhabilitation de son président suspendu, Emmanuel Kabangu, accusé de graves faits «d’abus sexuels». Dans une déclaration ferme transmise à BETO.CD mercredi 25 juin, le Bureau du CPJ dénonce une décision « illégale » prise par le ministre provincial de la Jeunesse et appelle au respect strict de l’éthique au sein de ses structures.

Soutien au Gouverneur et dénonciation d’une décision jugée « dangereuse »

Dans son communiqué, le CPJ exprime son soutien « indéfectible » au Gouverneur Joseph Moïse Kambulu Nkonko, tout en condamnant la réintégration d’Emmanuel Kabangu. Selon l’organisation, cette décision viole les textes réglementaires internes et envoie un message « dangereux » aux victimes de violences sexuelles.

Le Bureau rappelle que la suspension de Kabangu était motivée par des accusations sérieuses d’abus en milieu professionnel, soulignant que cette mesure n’avait aucune visée politique ni tribale. « Ce sont les principes d’éthique et de moralité qui ont guidé notre action », indique le communiqué, ajoutant que le comportement de l’ancien président a gravement nui à la crédibilité de l’organisation auprès de ses partenaires.

Le CPJ dénonce également les tentatives d’Emmanuel Kabangu de se poser en victime d’acharnement fondé sur son origine territoriale. « Une manœuvre de diversion », selon l’organisation, qui y voit une tentative de détourner l’attention des responsabilités personnelles du concerné.

L’organisation condamne en outre les pressions politiques exercées en coulisses, affirmant que « la justice interne de la jeunesse ne saurait être dictée par des intérêts partisans ». Elle qualifie d’« inacceptable » toute tentative de politisation d’un dossier aussi sensible, et appelle les autorités à respecter son autonomie.

Une réhabilitation jugée contraire aux engagements provinciaux

Le Conseil critique sévèrement la contradiction entre la réhabilitation de Kabangu et les engagements pris par les autorités provinciales en matière de gouvernance et de lutte contre les abus. En guise d’exemple, il rappelle la récente suspension par le Gouverneur d’un conseiller pour comportement indécent, regrettant que le ministre de la Jeunesse n’ait pas suivi cet exemple de rigueur.

Le CPJ interpelle également les partenaires techniques et financiers de la province, rappelant que le Kasaï-Central est signataire du Code de bonne conduite relatif à la prévention de l’exploitation et des abus sexuels (PSEA). La réintégration d’un « auteur présumé désavoué par l’ensemble des membres » est, selon le Conseil, en totale contradiction avec ces engagements.

Résolument opposé à toute forme de compromission, le Bureau du CPJ-Kasaï-Central conclut en réaffirmant sa volonté de faire respecter scrupuleusement les textes qui régissent son fonctionnement. Il déclare ne plus reconnaître Emmanuel Kabangu comme président légitime du CPJ.

Pierre Kabakila

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