À Kinama, à l’aube glaciale de l’exil, les réfugiés congolais vibrent au rythme des Léopards
À 4 heures du matin, des centaines de réfugiés congolais du camp de Kinama, au Burundi, ont bravé le froid pour suivre RDC-Colombie. Malgré la défaite (1-0), un moment d’unité et d’attachement au pays.
À Kinama, à l’aube glaciale de l’exil, les réfugiés congolais vibrent au rythme des Léopards
AFP
Il est à peine 4 heures du matin lorsque les premiers réfugiés congolais convergent vers le site de retransmission installé au camp de Kinama, dans le nord-est du Burundi. Malgré le froid mordant des collines, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants se mobilisent pour suivre le match de Coupe du monde entre la RD Congo et la Colombie.
Chaises sous le bras, emmitouflés dans des couvertures ou vêtus aux couleurs nationales, certains marchent plusieurs kilomètres à pied pour vivre ce rendez-vous, parfois accompagnés de Burundais venus, par bon voisinage, soutenir les Léopards. Dans ce camp qui accueille plus de 6 000 Congolais ayant fui les violences de l’Est, l’événement dépasse de loin le cadre sportif.
Avant le coup d’envoi, l’ambiance est aux chants, aux pronostics et à une ferveur patriotique. Chaque action des Léopards est suivie avec passion, chaque occasion fait monter l’espoir d’un exploit face à la Colombie.
Malgré la défaite (1-0), les réfugiés ne cachent pas leur fierté. Très vite, les discussions se tournent vers le prochain match, contre l’Ouzbékistan. Pour beaucoup, l’essentiel était ailleurs : se retrouver, partager un moment d’unité, rester reliés au pays.
Au camp de Kinama, cette nuit a une nouvelle fois dit la résilience des réfugiés congolais. Loin de leur terre, mais attachés à la RDC, ils ont rappelé que l’exil n’efface ni l’identité, ni l’espoir, ni l’amour du pays.
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Reportage de Daniel Michombero (Batubenga), collaborateur de BETO.