Entre un stage déplacé, une préparation coupée de Kinshasa, un nul rassurant contre le Danemark, une défaite frustrante contre le Chili et une bulle sanitaire imposée par le contexte Ebola, les Léopards n’ont pas eu une route tranquille vers leur Coupe du monde. Mais à une semaine de leur entrée contre le Portugal, une chose demeure : la RDC arrive avec un groupe éprouvé, discipliné et décidé à ne pas faire de la figuration.
Après 1974, les Léopards disparaissent du Mondial. Pas du football africain. Pas de la passion populaire. Pas de l’imaginaire congolais. Mais de la plus grande scène mondiale, oui. Pendant 52 ans, la RDC regarde les autres y aller. L’absence devient une habitude, puis une douleur, puis une question : comment un pays avec autant de talent a-t-il pu attendre aussi longtemps ?
Avant d’être un traumatisme, 1974 fut une conquête. Les Léopards du Zaïre n’étaient pas arrivés au Mondial par hasard : ils étaient champions d’Afrique, portés par une génération forte, et venaient d’ouvrir une voie pour toute l’Afrique subsaharienne. Mais en Allemagne de l’Ouest, l’histoire bascule. Trois matchs, trois défaites, une image mondiale abîmée. Cinquante-deux ans plus tard, il faut raconter ce dernier Mondial autrement : avec lucidité, mais aussi avec dignité.
Ils étaient nombreux à ne connaître le Mondial des Léopards que par les récits des anciens, les images en noir et blanc, les archives de 1974 et les blessures transmises de génération en génération. Cinquante-deux ans plus tard, la RDC retrouve la Coupe du monde. Ce retour n’efface pas le passé. Il le prolonge, le répare peut-être, et ouvre une nouvelle page de l’histoire congolaise.
Le 0 à 0 entre la RDC et le Danemark à Liège ce mercredi 3 juin a déclenché une vague de réactions inquiètes des supporters portugais sur X. À deux semaines de Portugal contre RDC le 17 juin à Houston, premier match du Groupe K du Mondial 2026, les Léopards inspirent un respect inhabituel.
Entre la qualification des Léopards à la Coupe du monde, la guerre à l'Est et le retour d'Ebola, le Congo reste debout. Tribune signée Litsani Choukran sur la résilience d'un peuple condamné à lutter pour exister.