Kinshasa : l’ONATRA sollicite 205 millions $ pour relancer le rail et le fleuve
Vue des embouteillages sur le Boulevard Lumumba (Kinshasa), à la hauteur de la 7e Rue, Limete. La bande allant de l'aéroport au centre-ville est bloquée. Kinshasa, le 11 novembre 2024
Radio Okapi/Ph. Freddy Lufulwabo
AFP
Face à des embouteillages quotidiens qui paralysent la capitale congolaise, l’Office national des transports (ONATRA) plaide pour un financement de 205 millions de dollars afin de relancer la mobilité urbaine. Le projet prévoit l’acquisition de six trains et 26 taxis fluviaux pour désengorger les grands axes.
Armand Osase, président de l’intersyndical de l’ONATRA, a expliqué ce jeudi 14 août que 100 millions de dollars sont nécessaires en urgence pour lancer cette opération. Il rappelle qu’au moment du transfert de pouvoir entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, « aucun train n’était en marche, aucun bateau disponible ». Selon lui, un service ferroviaire et fluvial efficace permettrait de soulager les artères les plus saturées, notamment à Tshangu, couloir stratégique reliant l’aéroport international de N’djili au centre-ville.
La congestion de Kinshasa est chronique. En avril 2025, les pertes économiques étaient estimées à plus d’un million de dollars par jour, avec 1,35 million de litres de carburant gaspillés. Les districts de Tshangu, Funa, Mont-Amba et Lukunga sont tous touchés, affectant étudiants, travailleurs et commerçants. Des mesures ponctuelles, comme un budget de 350 000 USD pour déployer drones, motos et policiers, n’ont pas produit d’effet notable, confirmant que le problème est avant tout structurel.
La ville, pensée pour un million d’habitants, en compte aujourd’hui entre 15 et 20 millions. Moins de 10 % de ses routes sont asphaltées, et la dégradation des voies secondaires complique les déplacements. À cela s’ajoutent l’indiscipline routière, l’urbanisation anarchique et les inondations fréquentes.
Des experts proposent de miser davantage sur le fleuve Congo pour relier Gombe à Maluku, et de relancer le réseau ferré urbain afin d’absorber une partie du flux de voyageurs. Parmi les initiatives innovantes figure l’utilisation de robots régulateurs de circulation conçus par l’ingénieure congolaise Thérèse Kirongozi, une rareté sur le continent. Parallèlement, des projets de réhabilitation d’axes prioritaires, comme l’avenue de l’Université (estimée entre 20 et 34 millions USD, avec l’appui de la JICA), sont à l’étude.
La proposition de l’ONATRA, si elle est financée et accompagnée de réformes en urbanisme et régulation, pourrait amorcer une véritable transformation de la mobilité à Kinshasa. Un investissement de 205 millions de dollars qui, bien géré, marquerait le début d’une circulation plus fluide et d’une meilleure qualité de vie pour les habitants de la mégapole.
Gilbert N.
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