Politique Kinshasa verrouille sa communication sur le processus de paix avec le M23
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Kinshasa verrouille sa communication sur le processus de paix avec le M23

Judith Tuluka Suminwa, première ministre
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 6 JUILLET 2025 - 21:58 WAT · 3 min de lecture

D’après la cellule de communication de la Primature de la RDC, sur instruction formelle de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, seules trois entités sont désormais habilitées à s’exprimer officiellement sur le processus de médiation en cours entre Kinshasa et le M23, ainsi que sur l’accord de paix récemment signé aux États-Unis entre la RDC et le Rwanda. Il s’agit de la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner, du ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya, et de la cellule de communication de la Présidence de la République.

Cette décision, prise ce dimanche 6 juillet, vise à centraliser et à sécuriser la parole gouvernementale dans un contexte diplomatique sensible, alors que les pourparlers de paix entre Kinshasa et le Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda, se poursuivent à Doha, au Qatar. Ce groupe armé, qui contrôle depuis plusieurs mois de vastes portions du territoire à l’est de la RDC, a réaffirmé sa volonté de poursuivre les négociations avec les autorités congolaises, tout en demandant un cessez-le-feu bilatéral.

Signé le 27 juin à Washington par les chefs de la diplomatie congolaise et rwandaise, l’accord de paix a été salué comme une avancée majeure par l’Union africaine et les Nations unies. Mais il reste suspendu à sa mise en œuvre effective, notamment sur le plan économique. Ce volet, encore flou, devra faire l’objet d’un accord séparé, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Le président congolais Félix Tshisekedi avait d’ailleurs évoqué, en avril dernier, une possible entente minière avec les États-Unis, lors de la visite à Kinshasa du conseiller spécial pour l’Afrique, Massad Boulos. Cet aspect économique suscite des interrogations, notamment sur la nature des concessions à accorder et sur le rôle que le M23 pourrait y jouer en tant qu’acteur de terrain.

Le M23 se démarque de l’accord RDC-Rwanda

Lors d’une conférence de presse tenue le 3 juillet à Goma, Benjamin Mbonimpa, secrétaire exécutif du M23, a tenu à préciser que les discussions entre son mouvement et Kinshasa étaient distinctes de celles ayant abouti à l’accord de Washington. « Ce qui se passe entre la RDC et le Rwanda, c’est entre les deux États », a-t-il déclaré, soulignant que les revendications du M23 ne se retrouvaient pas dans l’accord signé aux États-Unis.

Un front stabilisé, mais un climat toujours explosif

Même si la ligne de front semble s’être stabilisée depuis février, la situation à l’est du pays reste explosive. Les affrontements entre le M23 et des milices pro-gouvernementales continuent, malgré les nombreuses tentatives de trêves et les cessez-le-feu successifs. La région du Kivu, frontalière du Rwanda et riche en ressources minières, reste l’épicentre d’un conflit qui dure depuis plus de trois décennies.

Dans ce contexte, la médiation conduite par le Qatar apparaît comme un levier diplomatique complémentaire, mais incertain. La rencontre annoncée entre les présidents Tshisekedi et Kagame pourrait, à terme, offrir un cadre politique global, à condition que les parties prenantes, y compris le M23, acceptent des compromis durables.

Gilbert N.

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