Justice & Droits Kisangani : le FRIVAO lance l’audit du fichier des victimes de la guerre de six jours

Kisangani : le FRIVAO lance l’audit du fichier des victimes de la guerre de six jours

Kisangani : le FRIVAO lance l’audit du fichier des victimes de la guerre de six jours
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 24 JUIN 2026 - 12:22 WAT · 4 min de lecture

Le Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo (FRIVAO) a annoncé le démarrage, ce 24 juin à Kisangani, de l’audit du fichier d’identification et d’indemnisation des victimes de la guerre de six jours.

Dans un communiqué daté du 22 juin dont une copie est parvenue à BETO, l’établissement public chargé de la répartition des indemnités destinées aux victimes a indiqué que cette opération vise à renforcer la fiabilité du fichier des bénéficiaires et à garantir la crédibilité de la suite du processus d’indemnisation.

« Cet audit est réalisé conformément à la volonté de transparence et de rigueur exprimée par l’autorité de tutelle, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa. Et pour mener cette mission, le cabinet spécialisé CAAF SAS (Congo Auditing and Advisory Firm SAS) a été recruté à l’issue d’un appel d’offres », a-t-on lu dans ce communiqué.

Pour mener cette mission, le cabinet spécialisé CAAF SAS (Congo Auditing and Advisory Firm SAS) a été recruté à l’issue d’un appel d’offres. Reconnu pour son expertise en matière d’audit et de conseil, ce cabinet est chargé de procéder à une évaluation approfondie du fichier des victimes afin d’en garantir l’exactitude.

Selon le FRIVAO, l’arrivée des auditeurs à Kisangani marque une étape importante dans le processus de réparation. L’institution appelle, à cet effet, les communautés des victimes ainsi que l’ensemble des parties prenantes autorités politico-administratives, organisations de la société civile, défenseurs des droits humains et leaders communautaires à collaborer pleinement pour assurer le succès de cette mission.

Cette activité s’inscrit dans le cadre des missions assignées au FRIVAO, créé pour gérer et redistribuer les fonds accordés à la République démocratique du Congo à titre de réparation des préjudices causés par les activités illicites de l’Ouganda sur le territoire congolais.

Basé à Kisangani, le FRIVAO a été institué pour assurer la gestion des 325 millions de dollars américains que l’Ouganda a été condamné à verser à la RDC par la Cour internationale de Justice (CIJ), en réparation des pillages, exactions et violations commis entre 1998 et 2003 dans l’est du pays.

Toutefois, l’institution traverse actuellement une période difficile marquée par des soupçons de corruption et plusieurs procédures judiciaires. Le FRIVAO est notamment au centre d’un procès pour détournement présumé de deniers publics devant la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe.

Sur les 194 millions de dollars déjà versés par Kampala à l’État congolais, seulement une partie estimée à environ 28 millions de dollars aurait effectivement été distribuée aux bénéficiaires certifiés.

Dans cette affaire, l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, convoqué comme témoin, ne s’est pas présenté à l’audience du 19 mai 2026. Selon le greffier de la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe, il aurait fait parvenir des documents médicaux justifiant son absence pour raisons de santé.

Son audition avait été décidée à l’issue de l’audience du 30 avril dernier, consacrée à l’examen de paiements évalués à plus de 50 millions de dollars américains, qui auraient été effectués avant l’obtention de l’avis de non-objection de la Direction générale de contrôle des marchés publics (DGCMP).

Détenu à la prison centrale de Makala, le directeur général ad intérim du FRIVAO, Chansar Bolukola, soutient pour sa part avoir exécuté ces paiements sur instruction verbale de l’ancien ministre de la Justice.

Silas MUNGINDA

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