Nathanaël Mbuku, l’enfant des Bleus devenu Léopard
Soulier d'argent du Mondial U17 avec la France, Nathanaël Mbuku a choisi la RDC à 22 ans. Portrait d'une pépite cabossée qui retrouve la lumière sous le maillot des Léopards.
En 2019, Nathanaël Mbuku était l’un des plus grands espoirs du football français. À dix-sept ans, il décrochait le Soulier d’argent de la Coupe du monde des moins de 17 ans au Brésil, après un triplé en huitième de finale, et finissait deuxième meilleur buteur du tournoi. Deux ans plus tard, il disputait les Jeux olympiques de Tokyo avec l’équipe de France olympique. Tout le désignait pour les Bleus. À vingt-deux ans, il a choisi un autre maillot.
« La RDC représente tout pour moi, expliquait-il au printemps 2026. Elle représente ma jeunesse, mon enfance. C’est une fierté de représenter mon pays, les origines, là où viennent mes parents. C’est toute ma vie, le Congo. » Né à Villeneuve-Saint-Georges, en région parisienne, de parents congolais, l’ailier a basculé vers la RD Congo en août 2024, tournant le dos à la sélection française qui l’avait vu grandir des moins de 16 ans à l’équipe olympique.
Le terrain, entre-temps, avait cessé de lui sourire. Pur produit du centre de formation du Stade de Reims, lancé en Ligue 1 à dix-sept ans par une victoire à Marseille, il semblait promis à une carrière fulgurante. Puis vint le transfert à Augsbourg, en Bundesliga, début 2023, et la machine s’est enrayée. Trois petits matchs en Allemagne, un prêt à Saint-Étienne, un passage par le Dinamo Zagreb, et un retour en France à Montpellier, en Ligue 2, où il n’a pas marqué de la saison. La pépite n’a jamais vraiment explosé.
C’est dans ce creux que la sélection congolaise lui a offert un nouveau souffle. Seize sélections en moins de deux ans, des buts dans la campagne, et une place dans le groupe qui a écrit l’Histoire. Il mesure ce que représente ce Mondial pour tout un peuple. « C’est un rêve qu’on peut réaliser pour les joueurs et tous les Congolais qui nous regardent, disait-il. Je ne peux même pas décrire l’attente qu’il y a. Les gens sont fous de nous regarder, même quand il s’agit d’un match amical. »
La route vers Houston fut un chemin de croix collectif. Après avoir éliminé le Cameroun puis le Nigeria, la RDC a arraché sa qualification contre la Jamaïque, le 31 mars 2026, sur un but d’Axel Tuanzebe à la centième minute. Cinquante-deux ans après le Zaïre de 1974, les Léopards retrouvaient la Coupe du monde.
Le 17 juin, au NRG Stadium de Houston, ils affrontent le Portugal de Cristiano Ronaldo pour leur entrée en lice. Sur l’aile, l’enfant des Bleus devenu Léopard tient peut-être là le plus grand rendez-vous d’une carrière qui en cherchait un. « C’est toute ma vie, le Congo », répète-t-il. À Houston, il pourra le prouver.
Sources : Foot RDC et Montpellier HSC (entretien, mars 2026) ; Tribuna ; Wikipédia ; Transfermarkt.
