La RDC impose l’écocide dans le débat africain sur la justice environnementale
Prise de parole de madame Eve Bazaiba ministre congolaise de l’environnement et développement durable devant les États membres à la session de la conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE) à Nairobi au Kenya. Crédit photo : MEDD.
AFP
La République Démocratique du Congo a marqué un tournant décisif dans la lutte pour la protection de l’environnement en faisant adopter, lors de la 20ᵉ session de la Conférence Ministérielle Africaine sur l’Environnement (CMAE), une résolution historique portant sur la criminalisation de l’écocide.
Portée par la ministre congolaise de l’Environnement et Développement durable, Eve Bazaiba, cette proposition appelle à reconnaître l’écocide – la destruction massive et intentionnelle des écosystèmes – comme un crime environnemental majeur, au même titre que les crimes contre l’humanité.
«L’Afrique détient aujourd’hui une opportunité historique : protéger son patrimoine naturel tout en affirmant un leadership juridique et politique mondial. Reconnaître l’écocide comme crime, c’est répondre à l’urgence, défendre la justice et préparer un avenir durable », a déclaré Eve Bazaiba dans son discours à Nairobi.
La ministre a souligné que les conflits armés, particulièrement dans la région des Grands Lacs, provoquent des dommages environnementaux irréparables. Ces actes, qualifiés d’écocide environnemental, menacent la biodiversité, les écosystèmes forestiers et les aires protégées, notamment en République Démocratique du Congo, classée parmi les patrimoines mondiaux de l’UNESCO.
Dans son discours, Eve Bazaiba a également insisté sur l’interconnexion entre le changement climatique, la pollution et la perte de biodiversité, des crises majeures qui n’ont pas épargné le continent africain.
Elle a appelé à un engagement collectif des États membres pour accélérer l’accès à la finance verte et climatique, et renforcer les initiatives contre la pollution plastique, y compris dans les milieux marins.
La RDC se positionne en leader environnemental africain
Pays-solution dans la lutte contre le réchauffement climatique, la RDC réaffirme son rôle stratégique dans le bassin du Congo, deuxième poumon écologique mondial. À ce titre, elle s’est dite prête à accueillir la 21ᵉ session de la CMAE à Kinshasa en 2027, consolidant sa position de moteur des politiques environnementales en Afrique.
Créée en 1985, la Conférence Ministérielle Africaine sur l’Environnement (CMAE) vise à promouvoir la coopération régionale pour relever les défis écologiques du continent.
Albert Einstein M
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