Fact-checking Le faux crash de l’avion colombien au Soudan démystifié

Le faux crash de l’avion colombien au Soudan démystifié

Le faux crash de l’avion colombien au Soudan démystifié
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 10 AOÛT 2025 - 13:58 WAT · 2 min de lecture

L’affaire présentée comme l’abattage d’un avion émirati transportant des «mercenaires» colombiens au Darfour s’est révélée être une pure invention médiatique des autorités soudanaises. Relayé avec emphase par les médias officiels de Port-Soudan, ce récit a été rapidement démonté par les grandes agences de presse internationales et tourné en ridicule sur les réseaux sociaux.

Tout a commencé lorsque la télévision d’État soudanaise a affirmé qu’un appareil en provenance des Émirats arabes unis avait été intercepté à Nyala, faisant «des dizaines de morts» parmi des mercenaires colombiens. Mais très vite, la version a vacillé : Deutsche Welle a qualifié ces informations de «prétendues» et noté l’étrange silence du général Abdel Fattah al-Burhan sur un incident pourtant censé être majeur.

Selon le site Al-Rakoba, des vérifications par images satellites, plateformes de suivi du trafic aérien et sources indépendantes ont confirmé qu’aucun avion émirati n’avait survolé l’espace aérien soudanais à ce moment-là. «Ni crash, ni mercenaires : l’histoire était entièrement fabriquée».

L’affaire a pris une tournure diplomatique lorsque le président colombien Gustavo Petro a exigé des preuves sur la «mort» de ses compatriotes, plaçant Port-Soudan dans une situation embarrassante. Cette désinformation pourrait fragiliser d’autres accusations passées du Soudan contre Abou Dhabi, notamment après l’abandon d’une plainte devant la Cour internationale de justice.

Les Émirats arabes unis, eux, continuent d’appeler à des enquêtes internationales impartiales et à un cessez-le-feu entre les parties soudanaises. Une position réaffirmée à l’approche d’une réunion à Washington du Quartet (Émirats, Arabie saoudite, Égypte, États-Unis), qui doit discuter d’un plan global de sortie de crise.

Pour de nombreux observateurs, cette nouvelle «manœuvre médiatique» illustre la stratégie du pouvoir de Port-Soudan : détourner l’attention de sa propre responsabilité dans la prolongation d’une guerre civile qui dure depuis plus de deux ans.

Christian Okende


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