Santé Ebola en RDC: Malgré 896 cas, 232 morts, l’épidémie n’a pas encore atteint son pic

Ebola en RDC: Malgré 896 cas, 232 morts, l’épidémie n’a pas encore atteint son pic

Au 17 juin, l'OMS et Kinshasa recensent 896 cas confirmés et 232 décès. Africa CDC alerte : le pic n'est pas atteint. Aucun vaccin homologué.

Ebola en RDC: Malgré 896 cas, 232 morts, l’épidémie n’a pas encore atteint son pic
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 21 JUIN 2026 - 22:14 WAT · 3 min de lecture

BUNIA — Le bilan de l’épidémie d’Ebola a franchi un nouveau cap. Au 17 juin, l’Organisation mondiale de la santé recensait 896 cas confirmés et 232 décès en RD Congo. Le chiffre, repris le 18 juin par le ministre de la Santé Roger Kamba lors d’un point presse à Bunia, confirme une accélération que les autorités sanitaires ne parviennent pas encore à freiner.

En une semaine, la courbe a bondi. L’OMS comptait 676 cas et 136 décès dans son bulletin arrêté au 10 juin. Sept jours plus tard, ce sont 220 cas et 96 décès de plus. La maladie, due à la souche Bundibugyo, touche principalement l’Ituri, son épicentre, avec des foyers à Bunia, Rwampara, Mongbwalu et Nyankunde, et déborde sur le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Cette hausse demande toutefois une lecture prudente. Début juin, l’OMS et les Centres américains de contrôle des maladies avaient revu fortement leur décompte à la baisse, en distinguant cas confirmés, probables et suspects. La remontée actuelle s’explique en partie par le rattrapage des tests en attente : l’OMS précise que les cas nouvellement notifiés ne sont pas tous des infections récentes. Autrement dit, une partie de la flambée tient à une meilleure détection, pas seulement à une propagation plus rapide.

La gravité, elle, ne fait pas débat. La létalité dépasse désormais un quart des cas confirmés. À Bunia, le ministre Kamba a fait état de 78 guérisons et d’environ 6 000 contacts suivis, tout en rappelant que plusieurs soignants ont déjà perdu la vie depuis le début de la riposte. Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, l’accompagnait sur le terrain.

Les voix internationales s’alarment. Réuni en visioconférence le 16 juin, le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a lancé un avertissement sans détour. « Si nous n’arrêtons pas l’épidémie très vite, elle sera pire que ce que nous avons connu en Afrique de l’Ouest et dans l’est de la RDC », a-t-il déclaré, dans des propos rapportés par Reuters. « Le suivi des contacts est un problème majeur. Il nous manque plus de 26 000 personnes, et nous ne savons pas où elles sont. »

Du côté de la Croix-Rouge, le constat est tout aussi sombre. « Nous craignons que cela ne dure un an avant d’en finir avec cette maladie », a estimé Bruno Michon, responsable des opérations à la Fédération internationale. Aucune des deux organisations ne considère que le pic est atteint.

Il faut le redire avec netteté : aucun vaccin ni traitement n’est à ce jour homologué contre la souche Bundibugyo. Les vaccins développés lors des précédentes épidémies ciblaient une autre souche du virus. Des essais cliniques sont en préparation, mais l’OMS évoque un délai pouvant aller jusqu’à neuf mois. La riposte repose donc, pour l’instant, sur la détection, l’isolement, le suivi des contacts et la prise en charge précoce.

Sur ce dernier point, le message des autorités reste un fil d’espoir. Lors de sa visite à Bunia, fin mai, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’avait formulé ainsi : « Il est possible de survivre à l’Ebola causé par le virus Bundibugyo grâce à des soins médicaux de qualité. Se faire soigner rapidement fait toute la différence. » Encore faut-il que les malades atteignent les centres à temps, dans une région où l’insécurité complique chaque déplacement.

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B
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