Politique Le M23 impliqué dans près de 70% des violations graves contre les enfants en RDC (ONU)
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Le M23 impliqué dans près de 70% des violations graves contre les enfants en RDC (ONU)

Le M23 impliqué dans près de 70% des violations graves contre les enfants en RDC (ONU)
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 24 MARS 2025 - 08:17 WAT · 3 min de lecture

Les rebelles du M23 sont directement impliqués dans plus des deux tiers des violations graves commises contre des enfants au mois de janvier 2025 dans l’est de la République démocratique du Congo, rapporte ONU Info dans un article publié le 20 mars. Cette révélation émane d’un rapport du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), qui attribue 69 % des atteintes vérifiées à ce groupe armé.

D’après le rapport relayé par ONU Info, outre le M23, d’autres groupes armés sont également impliqués dans ces exactions : Nyatura (12 %), Maï-Maï Mazembe (7 %), les rebelles ougandais de l’ADF (3 %), ainsi que des forces de défense et de sécurité tant nationales qu’étrangères (3 %). CODECO (2 %), le Front patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC) (2 %) et les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda/Forces combattantes Abachunguzi (FDLR-FOCA) (1 %) figurent aussi parmi les auteurs de ces violations.

Le Nord-Kivu concentre 85 % des abus documentés en janvier, période marquée par l’intensification des offensives du M23, tandis que 15 % des violations ont été recensées en Ituri. ONU Info souligne une légère baisse des abus contre les enfants (-6 % par rapport à décembre 2024), mais le recrutement forcé reste la violation la plus courante (40 %), suivi des enlèvements (37 %), des meurtres et mutilations (17 %), des violences sexuelles (4 %) et des attaques contre les écoles et hôpitaux (2 %).

L’escalade des combats au Nord-Kivu

Le rapport du BCNUDH, cité par ONU Info, met en lumière la montée des affrontements entre les forces armées congolaises, appuyées par les groupes Wazalendo, et les rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise. Cette situation exacerbe l’insécurité et expose davantage les civils à des abus graves.

En janvier 2025, le BCNUDH a recensé 309 violations des droits humains ayant fait 808 victimes, dont 49 enfants. Le Nord-Kivu reste la province la plus touchée, concentrant 60 % des cas, suivi de l’Ituri et du Sud-Kivu (13,9 % chacun). Les provinces en dehors des zones de conflit, comme le Haut-Katanga (3,5 %), Kinshasa (3 %) et le Maï-Ndombe (1,9 %), enregistrent également des violations.

Violences sexuelles en hausse en Ituri

Le rapport relayé par ONU Info dénombre 12 incidents de violences sexuelles liées aux conflits, touchant 45 adultes, dont dix cas de viols collectifs. L’Ituri est la province la plus affectée, avec 34 victimes, majoritairement aux mains des milices CODECO.

Au Nord-Kivu, huit victimes ont été recensées, dont trois abusées par des combattants du M23, trois par les FDLR et deux par des soldats congolais. Le Sud-Kivu, lui, compte trois victimes, dont deux attribuées aux Wazalendo du groupe Nyatura et une aux forces armées congolaises.

Face à ces abus, ONU Info rapporte que la justice congolaise a condamné à mort cinq personnes pour des violations graves des droits humains, dont quatre membres des forces de défense et de sécurité (deux militaires et deux policiers).

Gilbert N.

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