Banques et finances Anti-blanchiment : l’entrée au Groupe Egmont ouvre à la RDC le réseau mondial du renseignement financier

Anti-blanchiment : l’entrée au Groupe Egmont ouvre à la RDC le réseau mondial du renseignement financier

Le gouvernement inscrit désormais l'adhésion de la CENAREF au Groupe Egmont parmi ses acquis anti-blanchiment. Accès à un réseau sécurisé d'échange entre cellules financières, la mesure s'articule à la sortie visée de la liste grise du GAFI.

Anti-blanchiment : l’entrée au Groupe Egmont ouvre à la RDC le réseau mondial du renseignement financier
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 9 JUILLET 2026 - 12:10 WAT · 3 min de lecture

Kinshasa, 1er juin 2026. Dans une salle de la capitale, six membres du gouvernement font face aux experts de la task-force chargée de sortir la République démocratique du Congo de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, préside. Au fil de la revue des réformes, une ligne s’ajoute à la colonne des acquis : l’adhésion du pays au Groupe Egmont, le réseau mondial des cellules de renseignement financier.

Pour la CENAREF, la Cellule nationale des renseignements financiers placée sous l’autorité du ministre des Finances, c’est l’aboutissement d’un parcours engagé de longue date. En avril 2024, des évaluateurs mandatés par Egmont avaient passé cinq jours, du 22 au 26, à examiner ses locaux, ses pouvoirs et sa conformité aux standards internationaux. La candidature congolaise était parrainée par deux voisins déjà membres : l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) du Cameroun et celle de la République du Congo.

L’entrée au Groupe Egmont change surtout un point : l’accès à l’Egmont Secure Web. Ce réseau informatique sécurisé, maintenu par la cellule américaine FinCEN, permet aux services d’échanger renseignements et signalements. Une cellule isolée doit emprunter des canaux diplomatiques lents pour tracer un flux suspect à l’étranger. Une cellule membre interroge directement ses homologues. Pour un pays confronté à la fraude transfrontalière et aux capitaux dissimulés, l’écart est opérationnel. Le forum réunissait 167 cellules membres.

L’adhésion ne tombe pas seule. Elle s’insère dans la course de Kinshasa pour quitter la liste grise du GAFI. Sur les 23 actions prioritaires convenues, 20 avaient été intégralement réalisées en mars 2026, soit près de 90 %. Le dispositif s’appuie sur un cadre législatif renforcé, dont la loi n° 25/048 du 1er juillet, et sur des contrôles fondés sur les risques confiés à la Banque centrale du Congo (BCC) et à l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA).

Le ministre des Finances lie les deux chantiers. « La sortie de la liste grise est un objectif stratégique, au croisement de la restauration de notre crédibilité financière internationale et de l’amélioration du climat des affaires », déclarait Doudou Fwamba le 29 mars 2026, devant cette même task-force.

L’étape suivante s’est jouée hors des frontières. « La dixième réunion en face-à-face, organisée le 27 avril 2026 en Namibie entre la délégation congolaise et les groupes conjoints Afrique du GAFI, a constitué une étape déterminante dans le processus d’évaluation finale de notre pays », a précisé le ministre le 1er juin. À la clé, selon le gouvernement : la crédibilité financière, des relations de correspondance bancaire facilitées et la confiance des bailleurs.

Reste un angle mort avant toute célébration. À la date de rédaction, le Groupe Egmont n’a pas publié la confirmation de cette adhésion sur ses propres canaux. Le gouvernement, lui, l’inscrit déjà au bilan.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…