Économie Capital minier : Kinshasa relance une obligation de 2018 restée sans décret

Capital minier : Kinshasa relance une obligation de 2018 restée sans décret

Au Lualaba, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba a réuni les opérateurs industriels sur trois dossiers. Le premier, la participation des Congolais au capital des entreprises minières, est inscrit dans le Code minier révisé de 2018 mais attend toujours le décret qui doit l’appliquer. Les deux autres portent sur l’artisanat minier et l’environnement.

Capital minier : Kinshasa relance une obligation de 2018 restée sans décret
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 28 OCTOBRE 2026 - 17:31 WAT · 4 min de lecture

Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a réuni mercredi 28 octobre 2026 les opérateurs miniers industriels du Lualaba, dans le cadre de la mission qu’il conduit dans la province. Trois dossiers étaient à l’ordre du jour : la participation des Congolais au capital des entreprises minières, l’encadrement de l’exploitation artisanale et les questions environnementales.

Sur le premier point, le ministre a rappelé qu’il s’agit d’une disposition déjà inscrite dans le Code minier révisé de 2018. Il a demandé aux parties de finaliser les discussions sur le projet de décret qui doit en encadrer la mise en œuvre, « afin de passer à la phase d’application ».

Une obligation de 2018 toujours sans décret

C’est l’information de la réunion. Huit ans après la révision du Code minier, le texte réglementaire qui doit rendre opérationnelle la participation congolaise au capital des sociétés minières reste à l’état de projet. La disposition existe dans la loi, elle ne s’applique pas.

Le ministre a plaidé pour « une répartition plus équitable des retombées de l’exploitation minière », afin que les richesses du sous-sol profitent davantage aux populations, tout en tenant compte des préoccupations des investisseurs. La formule dit l’équilibre que le gouvernement cherche : obtenir des engagements sans faire fuir les capitaux.

Le dossier rejoint une question plus large, celle de la valeur que le pays retient. Premier producteur mondial de cobalt, la RDC exporte encore pour l’essentiel brut et capte peu de valeur ajoutée. L’État tente aussi de reprendre la main sur ses données géologiques, autre levier de négociation face aux opérateurs.

L’artisanat minier, l’autre dossier du Lualaba

Louis Watum Kabamba a appelé les entreprises industrielles à contribuer à des solutions durables face à la croissance du nombre de creuseurs dans la province. Quatre pistes ont été évoquées : la viabilisation des zones d’exploitation artisanale, l’appui technique et financier aux coopératives, des formations professionnelles et le développement d’activités économiques alternatives.

Le ministre a insisté sur une « responsabilité partagée » entre l’État, les entreprises et les communautés, pour prévenir les conflits et sécuriser les opérations.

Le coût humain de ce qui n’est pas encadré est documenté dans la province. En août, sept corps ont été repêchés dans une ancienne fosse de Boss Mining à Kakanda, excavation que l’annexe IX du Règlement minier impose depuis 2018 de boucher ou de clôturer.

Qui était autour de la table

La réunion s’est tenue en présence de la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, de la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, du président de la commission interservices chargée d’assainir le secteur minier, ainsi que de représentants de la Chambre des Mines, de la Fédération des entreprises du Congo et des services étatiques.

La ministre de l’Environnement a sensibilisé les opérateurs au respect des normes environnementales. La province a connu plusieurs contentieux de cette nature, dont la suspension puis la levée partielle et conditionnelle des activités de la filière cupro-cobaltifère dans le Haut-Katanga voisin.

Le Lualaba concentre l’essentiel de la production de cuivre et de cobalt du pays. C’est là qu’a été lancée en 2025 la zone économique spéciale de Musompo, dont la première pierre avait été posée par Louis Watum Kabamba, alors ministre de l’Industrie.

Au terme de la rencontre, le ministre a dit la volonté du gouvernement de poursuivre le dialogue avec les opérateurs industriels « en vue d’aboutir à des engagements concrets ».

Christian Okende

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