Masisi : le secteur de Katoyi pris dans les combats à la veille de l’Examen d’État
MASISI — Dans le secteur de Katoyi, au sud du territoire de Masisi (Nord-Kivu), les combats ont repris depuis deux jours, à la veille de l’Examen d’État prévu le 22 juin. Selon Radio Okapi, les affrontements opposent les rebelles de l’AFC/M23 à une coalition de groupes Wazalendo, alliés aux forces gouvernementales, autour du village de Muhahirwa, dans le groupement Kibabi 1.
Contrairement à une lecture répandue, le belligérant qui fait face à l’AFC/M23 dans cette zone n’est pas d’abord l’armée régulière, mais cette coalition Wazalendo. Les FARDC ne sont citées que ponctuellement dans le secteur, et leurs positions restent à recouper. Les revendications de l’AFC/M23, diffusées par son porte-parole sur les réseaux sociaux, doivent être traitées avec prudence, faute de vérification indépendante sur le terrain.
Le secteur de Katoyi n’est pas un simple village : c’est une entité administrative entière, à la charnière de Masisi et de Walikale, proche de la zone minière de Rubaya. Depuis fin mai, la société civile locale signale des déplacements de population, des villages vidés et une route Ngungu-Ufamandu coupée. Une trentaine d’écoles auraient fermé à la mi-juin.
L’enjeu immédiat est scolaire. Des centres d’examen ont été délocalisés de Nyamaboko vers Kinigi et Rubaya. Pour rejoindre ces sites, des candidats doivent traverser le groupement Kibabi, théâtre des combats. À la veille des épreuves, la société civile du secteur réclame des mesures pour que les élèves ne paient pas le prix de l’insécurité.
Aucun bilan humain précis et vérifié n’est disponible pour cette séquence. Les chiffres de déplacés qui circulent relèvent d’estimations provinciales, à confirmer auprès des agences humanitaires. Sur un terrain aussi mouvant, la prudence impose de s’en tenir aux constats datés et attribués, et de ne présenter aucun chiffre de victimes comme acquis.