Le mouvement rebelle qui occupe une partie de l'est de la RDC s'apprêterait à changer de visage. Selon un rapport du Groupe d'experts de l'ONU rendu public le 1er juillet, un remaniement de l'AFC/M23 se prépare. Il irait jusqu'au changement de nom. Et un homme y occuperait une place centrale : l'ancien président Joseph Kabila. Le document éclaire d'un jour cru la recomposition d'une rébellion qui pèse sur tout l'Est.
Dans les Hauts Plateaux de Fizi, au Sud-Kivu, l'armée congolaise affronte le Twirwaneho, une milice que Radio Okapi décrit comme soutenue par le Rwanda. Au même moment, Kinshasa et Gitega renforcent leur coopération militaire, tandis que l'ONU alerte sur le coût humain du conflit.
L'armée congolaise et les groupes d'autodéfense Wazalendo affirment avoir repris l'initiative dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, et se rapprochent de la cité minière de Rubaya, toujours tenue par l'AFC/M23. Ces combats surviennent au lendemain du premier anniversaire de l'accord de Washington, resté lettre morte.
Douze mois après le texte signé entre Kinshasa et Kigali, les armes n'ont pas cessé. L'AFC/M23 tient deux fronts, le retrait rwandais promis n'a pas eu lieu, et les médiateurs américain et qatari peinent à transformer leurs accords en paix sur le terrain.
Maires, recteur d'université, circuits fiscaux : dans les villes qu'il contrôle, l'AFC/M23 installe ses propres autorités et lève l'impôt. Kinshasa dénonce des nominations sans base légale, et le gouverneur du Sud-Kivu chiffre à des millions de dollars les recettes captées, transférées selon lui vers le Rwanda.
L'armée congolaise rejette les accusations d'extermination de communautés portées par la coalition RDF-AFC/M23 et dénonce une instrumentalisation identitaire visant l'unité nationale.