Politique Médiation de Ndayishimiye : passe d’armes entre José Makila et Martin Fayulu
Politique

Médiation de Ndayishimiye : passe d’armes entre José Makila et Martin Fayulu

Lors d'un Live Space, l'opposant José Makila (Sauvons la RDC) a contesté la décision de Martin Fayulu (C64) de répondre à la médiation du président burundais Ndayishimiye, jugé « partie intégrante du conflit ». Un désaccord qui expose deux lectures opposées de la démarche.

Médiation de Ndayishimiye : passe d’armes entre José Makila et Martin Fayulu
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 3 JUILLET 2026 - 21:50 WAT · 3 min de lecture

L’invitation lancée par le président burundais Évariste Ndayishimiye a fait surgir un désaccord public au sein de l’opposition congolaise. Lors d’un Live Space animé vendredi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, José Makila, figure de la plateforme « Sauvons la RDC », a interpellé Martin Fayulu sur sa décision de répondre à cette médiation, que le président de l’ECiDé défend au nom de la Coalition Article 64 (C64).

L’objection centrale de José Makila porte sur la neutralité du médiateur. « Ce monsieur fait partie intégrante du conflit au Congo. Comment va-t-il résoudre ces problèmes de conflit pendant que lui il fait partie intégrante ? », a lancé l’ancien vice-Premier ministre. Le Burundi est militairement engagé dans l’est de la RDC, où ses troupes appuient l’armée congolaise face au M23.

José Makila a aussi contesté le mandat du chef de l’État burundais. « Ce n’est pas parce qu’il est président de l’Union africaine qu’il peut appeler les gens n’importe comment. Il ne peut appeler qu’à l’issue de l’assemblée générale des présidents de l’Union africaine, quand on le charge », a-t-il argué, s’interrogeant aussi sur le sort du président togolais Faure Gnassingbé, désigné en 2025 médiateur de l’Union africaine dans le dossier congolais : « Est-ce que monsieur Faure, qui a été désigné médiateur de cette affaire-là, on l’a déjà mis de côté ? » Il a enfin soupçonné une entente préalable : « Je suis sûr et certain que Tshilombo n’a pas engagé la République sur cette voie-là sans l’accord de Ndayishimiye. Parce que l’appui militaire, il le trouve auprès de Ndayishimiye. »

Martin Fayulu a maintenu sa position. Il a reconnu que « Ndayishimiye fait partie intégrante du conflit », avant d’ajouter : « Ça ça nous regarde pas. Ce qui nous regarde, c’est qu’il est président en exercice de l’Union africaine. » Sur les échanges supposés entre le médiateur et Félix Tshisekedi, il a balayé l’objection : « Qui il parle à Tshisekedi ou pas ? Ça c’est pas notre problème. Nous ce qui nous intéresse, c’est le résultat final. » L’opposant a redit tenir Félix Tshisekedi pour un président « pas légitime ».

L’échange oppose deux camps distincts de l’opposition. La C64 réunit autour de Martin Fayulu des formations comme Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, la LGD d’Augustin Matata Ponyo ou Envol de Delly Sesanga. « Sauvons la RDC », dont se réclame José Makila, est née du conclave de Nairobi conduit par l’ancien président Joseph Kabila et compte parmi ses composantes l’AFC de Corneille Nangaa. C’est dans ce contexte que la C64 a reporté au 22 juillet sa marche devant le Palais de la Nation pour répondre à l’invitation burundaise.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…