RDC : Junior Kudura salue la diplomatie de Tshisekedi et dénonce le double jeu de l’opposition
L’acteur et analyste politique Junior Kudura lors de son passage sur Top Congo. PHOTO DROIT : Tiers.
AFP
Invité sur les ondes de Top Congo ce mardi 6 mai 2025, l’acteur politique Junior Kudura s’est exprimé sur les dossiers brûlants de l’heure parmi lesquels les pourparlers de paix entre la RDC et le Rwanda menés sous l’égide des États-Unis, l’appel au dialogue national par l’opposition, ainsi que les accusations sur un supposé bradage des ressources naturelles du pays.
La RD-Congo et le Rwanda ont récemment soumis un avant-projet d’accord de paix, conformément à la déclaration de principes adoptée à Washington fin avril. Ce processus diplomatique, salué comme une avancée dans la résolution du conflit à l’Est, bénéficie du soutien de la Communauté d’Afrique de l’Est, de la SADC, de l’Union africaine, et surtout des États-Unis. Pour Junior Kudura, c’est l’aboutissement d’une démarche constante et méthodique portée par le président Tshisekedi.
« Nous cheminons vers une paix durable grâce à la constance diplomatique du chef de l’État. Aujourd’hui, même les puissances occidentales comme les États-Unis, traditionnellement proches du Rwanda, reconnaissent la légitimité du combat congolais. Les ficelles sont enfin visibles, et les responsabilités assumées. Les mérites reviennent au président et à son gouvernement », a-t-il souligné.
Mais alors que le climat politique semble évoluer vers l’apaisement sur le front extérieur, une nouvelle crispation surgit à l’intérieur du pays. Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Joseph Kabila ont récemment réitéré leur appel à un dialogue national, sous la médiation de la CENCO et de l’ECC. À ses yeux, la demande d’un dialogue national n’a pas pour objectif sincère de résoudre la crise, mais plutôt de permettre à l’opposition de « sauter dans un train qu’elle a longtemps combattu ».
« L’opposition, prise de court, comprend que ce processus va nécessairement déboucher sur un gouvernement encore plus stable. Elle ne veut pas dire aux Congolais. Nous voulons intégrer ce train-là derrière lequel nous courions. Elle se cache alors derrière un dialogue conditionné, notamment par la médiation de la CENCO, pour justifier sa volonté de sauter dans ce train », a-t-il décrié.
Kudura critique une opposition « hétérogène , qu’il accuse d’avoir « nagé à contre-courant » tout au long de la crise entre la RDC et le Rwanda. Selon lui, les différentes composantes de l’opposition le FCC de Joseph Kabila, Ensemble de Moïse Katumbi et l’ECIDé de Martin Fayulu –auraient tour à tour tenu des positions contraires à l’intérêt national.
« Comment peut-on dire qu’un mouvement rebelle comme l’AFC a représenté les aspirations du peuple ? Ensemble prône le fédéralisme alors que nos ennemis lorgnent notre territoire. Et l’ECIDé voulait des négociations directes avec le M23, sans imposer de responsabilités au Rwanda. Tout cela montre une opposition déconnectée des réalités géopolitiques », a martelé Kudura.
Pour Junior Kudura, la priorité ne doit pas être le dialogue interne, mais bien la finalisation des accords de paix avec le Rwanda, accusé d’agression contre la RDC.
« La paix en RDC ne viendra pas d’abord de la cohésion nationale, mais du traitement de la source de l’insécurité : l’agression rwandaise. Ce sont ces accords de paix qui créeront la base d’une stabilité durable », a-t-il insisté, en soulignant que le Rwanda tire à la fois les ficelles du M23 et bénéficie de complicités politiques internes.
Il voit également dans l’empressement de l’opposition à réclamer un dialogue un moyen de préparer une participation au futur gouvernement de transition qui pourrait découler de ces accords. Un gouvernement que Kudura estime déjà sur les rails pour organiser les élections de 2028 dans un climat apaisé.
Sur la question du prétendu bradage des ressources naturelles, Junior Kudura a rappelé que rien de concret n’a été fait entre le gouvernement central, le Rwanda ou les États-Unis.
« À ce jour, il n’existe ni accord de paix finalisé, ni accord commercial officiel. Pas même de projet d’accord commercial avec le Rwanda ou avec une quelconque autre partie. Sur quoi se base donc l’opposition pour crier au bradage des ressources ? C’est de la désinformation au mieux, ou de la collaboration avec l’ennemi au pire », a-t-il conclu.
Ézéchiel CTM
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