Diplomatie Maxime Prévot : « L’intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC ne sont pas négociables »
Belgique

Maxime Prévot : « L’intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC ne sont pas négociables »

Le chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot, a publié une mise au point sur X après des critiques visant la position de Bruxelles sur l’Est de la RDC. Il affirme que la Belgique ne conditionne pas le retrait des troupes rwandaises à la neutralisation des FDLR. Il réaffirme aussi que la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC ne sont pas négociables.

Maxime Prévot, ministre belge des Affaires étrangères, devant la presse en février 2025 à Kinshasa © Primature RDC
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 11 JUIN 2026 - 17:24 WAT · 4 min de lecture

Le chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot, a dénoncé une « lecture biaisée » de la position de la Belgique sur l’Est de la République démocratique du Congo. Dans une publication sur X consultée par BETO, le vice Premier ministre belge dit être « outré » par les déformations, « délibérées ou non », de l’un de ses récents messages.

Bruxelles réaffirme la souveraineté congolaise

Maxime Prévot affirme qu’il ne doit exister « aucune ambiguïté » sur la position belge. Il écrit que « l’intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC ne sont pas négociables ». Il ajoute que cette position ne comporte « pas de conditions » et « pas de préalables ».

Le ministre belge des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement affirme aussi avoir condamné « l’agression rwandaise sans détour » et promet de continuer à le faire « tant que l’ensemble des troupes rwandaises n’auront pas quitté le sol congolais ». Le titre officiel de Maxime Prévot est confirmé par le Service public fédéral belge des Affaires étrangères.

Retrait rwandais et FDLR dans le même cadre

La controverse porte sur l’articulation entre deux exigences diplomatiques : le retrait des troupes rwandaises du sol congolais et la neutralisation des FDLR. Maxime Prévot soutient que ces deux engagements figurent dans les accords de Washington signés par la RDC et le Rwanda.

Selon lui, la Belgique « ne conditionne pas l’un à l’autre ». Elle demande que les parties honorent rapidement les engagements qu’elles ont librement consentis et reconfirmés. Dans une déclaration officielle publiée le 6 juin, le ministre belge avait déjà indiqué que le retrait des forces rwandaises et la neutralisation des FDLR devaient « aller de pair » comme étapes vers une paix durable.

Cette formulation avait nourri des critiques en ligne, certains internautes y voyant une condition posée au retrait rwandais. La mise au point publiée par Maxime Prévot vise précisément à écarter cette interprétation.

Une clarification importante pour Kinshasa

La Belgique dit s’aligner sur l’approche défendue par les États Unis, le Qatar, l’Union africaine et les partenaires du Groupe de contact international. Belga News Agency rapportait déjà que Bruxelles soutenait l’appel américain au retrait des forces rwandaises de l’Est de la RDC et à la neutralisation des FDLR, en présentant les deux démarches comme essentielles pour une paix durable.

Pour la RDC, l’enjeu diplomatique est sensible. Kinshasa insiste sur le caractère non négociable de sa souveraineté et réclame le retrait complet des troupes rwandaises. Toute formule pouvant suggérer une condition préalable est donc politiquement explosive.

Maxime Prévot lie enfin l’urgence sécuritaire à la situation humanitaire. Il évoque les souffrances de la population congolaise et l’épidémie Ebola, avant d’appeler à « faire taire les armes » par toutes les parties.

BETO retient que la clarification belge porte sur un point précis : Bruxelles affirme ne pas conditionner le retrait des troupes rwandaises à la neutralisation des FDLR. La nuance est importante, car le droit de la RDC à son intégrité territoriale ne peut pas dépendre d’un agenda sécuritaire parallèle. Reste à voir comment cette position sera traduite dans les pressions diplomatiques exercées sur Kigali et sur les autres acteurs armés.

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B
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