Politique RDC : Kambinga voit dans la Quatrième République la clé pour faire du Congo « l’Arabie saoudite de demain »
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RDC : Kambinga voit dans la Quatrième République la clé pour faire du Congo « l’Arabie saoudite de demain »

RDC : Kambinga voit dans la Quatrième République la clé pour faire du Congo « l’Arabie saoudite de demain »
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 24 JUIN 2026 - 10:24 WAT · 4 min de lecture

Le débat sur la révision de la Constitution prend une dimension stratégique, à la croisée des ambitions politiques et des perspectives économiques du pays. Face à la presse, mardi 23 juin, Germain Kambinga, président de la plateforme « Le Centre », a défendu avec vigueur la nécessité d’un changement constitutionnel, qu’il considère comme un préalable incontournable à l’émergence de la République démocratique du Congo sur la scène internationale.

Réagissant au récent rapport de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), le leader politique a tenu à recentrer le débat sur la souveraineté populaire. « L’Église catholique sait bien qu’il s’agit d’un débat de société. C’est au peuple de décider, car il est le souverain primaire », a-t-il déclaré, soulignant que l’avenir de la Loi fondamentale ne saurait être déterminé en dehors de la volonté des citoyens.

Dans une lecture plus critique, Germain Kambinga estime que la position de certains évêques catholiques opposés à la révision constitutionnelle traduirait une évolution du rapport de force au sein de la société congolaise. Selon lui, l’influence de l’Église catholique serait en déclin au profit des Églises de réveil, dont plusieurs soutiennent l’idée d’un changement de Constitution.

Abordant la question politique, il s’est également montré sévère envers l’opposition, qu’il juge peu enracinée dans la réalité populaire. « Les opposants savent qu’ils n’ont pas le pouvoir d’empêcher le changement de la Constitution », a-t-il affirmé, dénonçant une posture davantage tournée vers la visibilité médiatique que vers une réelle capacité de mobilisation.

Mais c’est surtout sur le terrain économique et stratégique que Germain Kambinga déploie son argumentaire. Pour lui, la Constitution actuelle est le produit d’un contexte historique particulier, marqué par la sortie des crises et la nécessité de compromis politiques. Il la qualifie de « Constitution transactionnelle » et « d’essence militaire », estimant qu’elle ne permet pas de porter les ambitions de développement du pays.

Dans cette perspective, il avance une comparaison forte : « Le Congo, c’est l’Arabie saoudite de demain ». Une image qui renvoie à l’immense potentiel en ressources naturelles de la RDC, souvent présenté comme une richesse encore insuffisamment exploitée. À l’instar de l’Arabie saoudite, qui a su capitaliser sur ses ressources énergétiques pour devenir un acteur économique majeur, Germain Kambinga estime que le Congo pourrait, à son tour, transformer ses atouts en puissance économique.

Cependant, insiste-t-il, une telle trajectoire suppose des réformes structurelles profondes. Il évoque notamment la nécessité d’adopter des mécanismes de gouvernance inspirés de pays comme la Chine, le Brésil ou encore le Salvador, qui ont su, selon lui, intégrer des ambitions de puissance économique dans leur organisation interne.

« Nous pouvons développer ce pays en 30 ans et sortir du cycle infernal », affirme-t-il.

Pour y parvenir, la refonte du cadre constitutionnel apparaît, à ses yeux, comme une condition indispensable. « Ce n’est pas une Constitution qui développe, c’est une Constitution de compromis politique », martèle-t-il, appelant à une rupture avec un modèle qu’il juge inadapté aux défis contemporains.

En plaidant pour l’avènement d’une Quatrième République, Germain Kambinga inscrit son discours dans une vision de transformation profonde de l’État congolais. Il estime qu’une nouvelle Constitution permettrait non seulement de répondre aux attentes internes, mais aussi de repositionner la RDC dans la sous-région, en Afrique et dans le monde.

Christian T. Ézéchiel

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