Politique RDC : la réduction de l’aide américaine plonge la santé reproductive au bord de l’effondrement
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RDC : la réduction de l’aide américaine plonge la santé reproductive au bord de l’effondrement

Un centre de santé soutenu par l'UNFPA à Goma, au Nord-Kivu | © UNFPA/Jonas Yunus
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 17 JUILLET 2025 - 18:00 WAT · 3 min de lecture

La réduction drastique du financement américain compromet gravement les services de santé sexuelle et reproductive en République démocratique du Congo (RDC). Selon le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), le désengagement des États-Unis a laissé le système de santé « au bord de l’effondrement », dans un contexte où les violences sexuelles atteignent des niveaux sans précédent à l’est du pays.

Dans son rapport couvrant la période de mai 2025, l’UNFPA révèle que plus de la moitié des centres de lutte contre les violences basées sur le genre qui fonctionnaient l’année dernière ne sont plus opérationnels. Dans certaines zones de première ligne, notamment au Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika, entre 90 et 100 % des structures de soutien aux survivantes ont fermé ou suspendu leurs activités.

Après son entrée en fonction en janvier dernier, le président américain Donald Trump avait ordonné une pause de 90 jours sur l’aide étrangère, entraînant la suspension de nombreuses subventions de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Conséquence directe : la réduction de 37 % du financement alloué à la protection et de plus de 50 % de celui destiné à la santé sexuelle et reproductive en RDC.

« Alors que les violences sexuelles liées au conflit augmentent dans l’est de la RDC, l’USAID a réduit les fonds destinés aux violences basées sur le genre (VBG), ce qui a contribué à la rupture des stocks de kits post-viol pour traiter les survivantes », a déploré l’UNFPA sur X.

Une enquête de l’agence Reuters publiée début juillet confirme l’annulation par l’administration Trump d’un important contrat de fourniture de kits d’urgence pour les victimes de viols en RDC. Ces kits contiennent notamment des médicaments pour prévenir le VIH, d’autres infections sexuellement transmissibles, ainsi que des grossesses non désirées.

La cartographie réalisée par le groupe de travail sur la santé sexuelle et reproductive montre aujourd’hui que la majorité des structures sanitaires de l’est du pays sont en rupture totale de stock. Au Nord-Kivu, seules 7 des 34 zones de santé disposent encore d’un stock minimal de kits post-viol. « Moins d’une survivante sur quatre voit ses besoins satisfaits. À l’heure actuelle, seuls 13 % des survivants référés ont reçu une prophylaxie post-exposition dans le délai critique de 72 heures, ce qui les expose au risque de contracter le VIH », précise l’UNFPA.

Les conséquences sont graves : blessures génitales non traitées, grossesses non désirées, avortements pratiqués dans des conditions dangereuses, infections sexuellement transmissibles dont le VIH, ainsi que des infections des voies urinaires.

Sur un appel de fonds de 42 millions de dollars américains lancé par l’UNFPA pour répondre à la crise, seulement 11,6 millions ont été reçus jusqu’à présent. Sans financement complémentaire urgent pour compenser la perte du soutien américain, l’agence onusienne et ses partenaires humanitaires redoutent une aggravation de la mortalité maternelle, la propagation du VIH et une hausse des décès liés aux avortements pratiqués dans de mauvaises conditions.

Odon Bakumba

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