RDC : « L’arrestation de Stanis Bujakera intervient dans un climat de répression généralisée » (LUCHA)
RDC : « L’arrestation de Stanis Bujakera intervient dans un climat de répression généralisée » (LUCHA)
AFP
Le 08 septembre dernier, l’opinion nationale et internationale apprenait avec effroi, l’arrestation à Kinshasa, du journaliste Stanislas Bujakera Tshiamala, correspondant des médias Jeune Afrique et Reuters dans la capitale congolaise.
Près d’une semaine après sa mise en détention, Stanislas Bujakera Tshiamala a été placé sous mandat d’arrêt provisoire pour « propagation de faux bruits » et de « diffusion de fausses informations » en lien avec un article de Jeune Afrique – mettant en cause les renseignements militaires dans le meurtre de l’ex-ministre des Transports, Cherubin Okende – qu’il n’a pourtant pas signé.
En réaction, le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) a indiqué ce jeudi 14 septembre, être vivement préoccupé par « l’injustice » que subit Stanislas Bujakera Tshiamala.
Selon elle, la détention de ce journaliste congolais, directeur de publication adjoint de ACTUALITE.CD est une « atteinte grave à la liberté de presse qui contraste avec les principes démocratiques élémentaires et privé de millions de congolais de l’information certifiée qu’il diffuse régulièrement sur ses réseaux sociaux personnels et à travers les médias auprès desquels il est attaché ».
En même temps, la LUCHA a alerté l’opinion nationale et internationale sur le fait que la détention de Stanislas Bujakera Tshiamala intervient dans « un climat de répression généralisée visant l’opposition politique et la société civile ».
« Le climat répressif s’est accru »
« Alors que le pays s’approche des élections générales de décembre 2023, le régime Tshisekedi utilisent tous les moyens possibles pour réduire au silence ceux qui pourrait compromettre sa volonté de se maintenir au pouvoir par la fraude électorale », a expliqué la LUCHA dans un communiqué consulté par POLITICO.CD.
Étayant ses accusations, la LUCHA a rappelé qu’au « nom du prétexte « fallacieux » de sécurité, Felix Tshisekedi a promis le 25 juin dernier à Mbujimayi de s’attaquer systématiquement à certains Congolais, peu importe ce qu’on en dira : violation des droits de l’homme, privation des libertés, …» ; et selon cette organisation de la société civile, « depuis cette déclaration, le climat répressif déjà présent au pays s’est accru ».
L’accroissement de la répression s’explique par des arrestations « récurrentes » d’activistes de la société civile, meurtre politique du député d’opposition Cherubin Okende, carnage des manifestants pacifiques à Goma, la réprimande systématique de l’opposition politique et la société civile, « dans une volonté affichée de taire toutes les voix discordantes à l’approche des élections », renchérit la LUCHA.
« Ces pratiques mettent en mal notre jeune démocratie et consacre un retour à l’instauration de la dictature pour l’élimination de laquelle les congolais se sont vaillamment battus au prix d’énormes sacrifices », a-t-elle conclu.
Examination de la requête de mise en liberté provisoire
Selon les informations rapportées par le média employeur de Stanislas Bujakera Tshiamala à Kinshasa dont il est d’ailleurs directeur de publication adjoint, le journaliste est auditionné ce même jeudi en Chambre du conseil suite au dépôt mardi dernier d’une requête de remise en liberté provisoire.
« La liberté reste la règle et la détention en est l’exception et que Stanis Bujakera avait un emploi fixe et n’avait pas d’antécédents judiciaires […] Sa fuite n’était pas à craindre », a écrit dans sa requête au Procureur du Tribunal de Grande instance – Gombe, l’avocat du détenu, Grâce Tshiashala.
Depuis l’arrestation de Stanis Bujakera Tshiamala plusieurs voix dont les ambassades et organisations internationales, les personnalités publiques et politiques, ainsi que les médias sont montées au créneau pour exiger la libération de ce journaliste reconnu pour son sens de professionnalisme.
Monge Junior Diama
