Faits divers « Je m’éloigne du danger » : à Paris, Lumumba Vea quitte l’hôtel des Léopards et accuse Evoloko

« Je m’éloigne du danger » : à Paris, Lumumba Vea quitte l’hôtel des Léopards et accuse Evoloko

Dans une vidéo en lingala publiée vendredi soir, le célèbre animateur des Léopards Lumumba Vea annonce avoir quitté l'hôtel parisien où loge la délégation et accuse son confrère Evoloko de jalousie professionnelle. Il dit craindre pour sa sécurité.

« Je m’éloigne du danger » : à Paris, Lumumba Vea quitte l’hôtel des Léopards et accuse Evoloko
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 13 JUIN 2026 - 01:42 WAT · 5 min de lecture

Le célèbre animateur des stades a publié vendredi soir une vidéo en lingala dans laquelle il annonce avoir changé d’hôtel pour ne plus partager les locaux avec la délégation des Léopards en stage à Paris. Motif invoqué : un climat devenu insupportable avec son confrère Evoloko. La séquence, postée sur le compte X @ebalemozindo, tourne depuis sans s’arrêter sur les boucles WhatsApp et les comptes Facebook congolais.

L’image est d’abord passée plusieurs fois dans la soirée sur les boucles WhatsApp congolaises avant d’atterrir sur X. On y voit Lumumba Vea, en chemise, visage fermé, parlant en lingala. Il dit ne plus dormir au même hôtel que le reste de la délégation des Léopards à Paris. Il dit avoir changé d’établissement la veille au soir. Il dit qu’il craint pour sa sécurité. Et il nomme celui à qui il reproche cette situation. Evoloko.

La séquence a été postée sur le compte X @ebalemozindo vendredi en fin de journée. Quelques heures plus tard, elle tournait partout. Sur Facebook. Sur Telegram. Sur Twitter, comme on dit encore à Kinshasa. À Paris, où la sélection est en stage avant le départ pour Houston, l’écho est arrivé en moins d’une heure.

« Tout est une question de circonstances et de temps », lance Vea dans la séquence. La phrase, traduite du lingala par plusieurs comptes qui la relaient, est devenue celle qu’on cite le plus. Elle s’adresse, indirectement, à Evoloko. Le ton est posé. Pas le contenu.

Quelques minutes plus tard, l’animateur change de registre. Il parle de « danger ». Il dit avoir préféré quitter l’hôtel pour ne plus rester à proximité de la situation. Il n’évoque pas un acte précis, ne cite pas un incident. Il décrit un climat. Et il en tire les conséquences pratiques : il a fait ses valises.

Une rumba, deux animateurs

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, Lumumba Vea est l’un des deux animateurs attitrés de la sélection nationale congolaise lors des grands rassemblements de supporters. L’autre est Evoloko. Ensemble, ils animent les soirées des Léopards depuis plusieurs campagnes, Coupe d’Afrique des nations 2025 incluse, et tiennent un rôle qui dépasse celui d’un simple meneur d’ambiance. Dans le foot congolais, la rumba a sa place avant les matchs comme après. Eux y participent depuis des années.

Que deux d’entre eux apparaissent publiquement en différend, à la veille de l’entrée en lice des Léopards au Mondial, ne relève donc pas de l’anecdote musicale isolée. Cela touche directement à ce qu’on appelle, dans la délégation, l’accompagnement culturel de l’équipe.

Trois semaines de quarantaine, puis Paris

L’épisode parisien est lui-même la conséquence d’un détour imposé. Avant d’être autorisée à entrer aux États Unis, la sélection a dû passer trois semaines de mise à distance sanitaire en Europe, à cause de la résurgence d’Ebola en RDC. Bruxelles d’abord. Paris ensuite. Houston, enfin, depuis le 11 juin.

Mais une partie de l’accompagnement, dont les animateurs, semble être restée à Paris. C’est dans l’hôtel parisien que la rupture annoncée par Vea s’est produite.

Plusieurs personnes proches de la délégation, jointes par téléphone samedi matin, confirment que l’ambiance dans le groupe d’accompagnement est tendue depuis plusieurs jours. Toutes demandent à ne pas être citées.

Le silence d’Evoloko, le silence de la fédération

Au moment où ces lignes sont écrites, Evoloko n’a pas répondu publiquement. Aucun de ses comptes officiels n’a publié de réaction. Aucune vidéo de défense, aucun message court. Rien.

La Fédération congolaise de football association, sollicitée par BETO, n’avait pas non plus communiqué. La cellule de communication de la sélection ne répond plus aux journalistes depuis samedi matin.

Plusieurs choses, donc, restent à établir. Ce qui s’est passé exactement entre les deux hommes. La nature du « danger » évoqué par Vea, qu’il s’agisse d’une menace verbale, d’un geste, ou d’un climat général qu’il a mal vécu. Le nom de l’hôtel qu’il a quitté, et celui où il s’est installé. La position du staff sportif, à cinq jours du match contre le Portugal.

À Kinshasa, on commente déjà

Dans les studios des médias musicaux de la capitale, les téléphones n’ont pas arrêté ce samedi matin. Pour beaucoup, l’idée d’un différend public entre deux figures aussi installées que Lumumba Vea et Evoloko, en pleine semaine de Mondial, est en soi un signal.

L’image officielle des Léopards, ces jours-ci, est calibrée. Costumes motif léopard à l’arrivée à Houston, accueil par la diaspora, buzz international autour du créateur Alvin Junior Mak. Une image disciplinée. Choisie. Filmée à plusieurs angles.

La vidéo de Lumumba Vea raconte autre chose. Elle parle de coulisses, de hiérarchie ressentie, de jalousie, de chambres qu’on choisit ou qu’on quitte. Elle dit qu’il y a, dans la délégation, deux récits parallèles. L’un en costume. L’autre en lingala, qui sort en vidéo et qui inquiète.

Peut être que tout cela se réglera, comme souvent dans la vie en délégation, à la fin du tournoi. Peut être qu’à Paris, ce vendredi soir, un homme a simplement décidé de prendre l’air. De changer de chambre. De passer une nuit ailleurs. Et que l’épisode se calmera de lui même, sans suite.

Reste que la vidéo, elle, est partie. Et qu’à présent, c’est tout le Mondial qui la regarde.

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B
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